Chevaux miniatures : au bonheur d'enfants sourdaveugles

Confiance en soi, bien-être, apaisement (...), les bienfaits de la médiation équine sont immenses selon l'association Quintette qui organise des moments de partage entre des chevaux miniatures et des enfants sourdaveugles.

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« Merci beaucoup ». Deux mots ont suffi à combler de bonheur Jean Bouissou, président de l'association Quintette, spécialisée dans la médiation thérapeutique avec des chevaux miniatures auprès d'enfants en situation de handicap. En quelques séances, l'un des petits pensionnaires de l'IME de Chevreuse (Yvelines), sourdaveugle et mutique, est sorti du silence... Une victoire pour Jean Bouissou, lui-même sourdaveugle. Créée en 2015 pour « favoriser la communication de la personne handicapée avec le monde, notamment grâce à la médiation animale », son association intervient dans plusieurs établissements médico-sociaux de la région parisienne, à raison de séances de 20 minutes par jeune, de 5 à 20 ans. Objectif : permettre aux enfants atteints de surdicécité (article en lien ci-dessous) d'entrer en dialogue avant l'âge de six ans. Or « les trente jeunes de notre IME (de Chevreuse, ndlr) présentent tous des handicaps rares, associant plusieurs déficiences sensorielles (vue et ouïe) avec de grandes difficultés de communication, souligne Stéphanie Hainoz, directrice de l'établissement. Nous sommes donc en constante recherche de méthodes complémentaires, comme celle proposée par Quintette association, pour essayer de rentrer dans leur bulle ».

Une relation unique avec le cheval

Parce qu'il noue une relation familière avec l'homme, basée notamment sur la communication non verbale, le cheval semble être l'animal le plus adapté à la situation, selon Jean Bouissou : « Je l'ai remarqué à titre personnel : lorsque mon chien se trouve à trois mètres de moi, je ne sais pas où il est. Ce qui n'est pas le cas pour le cheval, que je peux facilement sentir à mes côtés, même à trois mètres de distance ». Le choix s'est ensuite porté sur des chevaux « miniatures », dont la taille réduite est plus adaptée aux enfants. Chaque séance est encadrée par une zoothérapeute et une zooanimatrice, qui facilitent la rencontre. Psychologue clinicienne de formation, spécialisée en zoothérapie, Jennifer Champol « communique par le corps » et sert de médiateur entre l'animal et l'enfant. « Ce dernier ne réagit pas par rapport à une parole ou à des gestes mais grâce à l'énergie qu'il ressent ». Le cheval se fait alors miroir des émotions de l'enfant. « On sait tout de suite quand il y a une interférence. Le cheval arrête de brouter, la tête dirigée vers l'enfant », indique Jean Bouissou. Et la symbiose opère.

Des progrès manifestes

En à peine douze séances avant la pandémie de Covid-19, entre juin 2019 et février 2020, des progrès manifestes ont pu être observés en matière de sociabilisation, d'éveil, de positivité, de bien-être ou encore d'apaisement. Mathilde, qui avait la phobie des animaux, a fini par tendre un doigt puis toute la main vers la robe du cheval. « Parce que c'est elle qui est restée maître de l'expérience », précise Jean Bouissou. Certains de ses camarades vont jusqu'à s'endormir sur le cheval « tant ils sont apaisés ». D'autres, en revanche, n'iront pas plus loin que le pansage. Chacun avance à son rythme, « si l'enfant ne veut pas y aller, on ne le force pas », admet le président de l'association. Huit jeunes de l'IME de Chevreuse ont pu bénéficier de ces échanges, et « on a tout de suite constaté une différence de développement avec ceux qui n'ont pas participé à l'expérience », poursuit-il. A terme, l'association souhaite déployer ce dispositif pour d'autres types de handicap, voire pour d'autres publics. Pourquoi pas au contact de personnes âgées, d'enfants ou d'adolescents en difficulté ou même des victimes de violences sexuelles et conjugales ? En attendant d'avoir un lieu pérenne d'accueil du public, Jean Bouissou continue de se déplacer d'établissement en établissement, avec son équipe et sa harde de mini chevaux.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"

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