Cohésion sociale:les pistes du CESE pour sortir de la crise

Immersion au cœur "d'un secteur dégradé et sous tension", celui de la cohésion sociale. Le Cese* publie un rapport de 203 pages contenant 20 conseils afin de revaloriser ces métiers qui visent à faciliter l'inclusion sociale des plus vulnérables.

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* Conseil économique, social et environnemental

Des enfants en situation de handicap privés d'accès aux centres de loisirs, des personnes âgées sans activité voire sans toilette régulière... L'été 2022 sera « chaud » pour certains publics en difficulté. La crise des métiers du soin (article en lien ci-dessous) frappe de plein fouet ceux de la cohésion sociale. Déficit d'attractivité, dégradations des conditions de travail, salaires insuffisants, pénurie de personnel... La situation est « dramatique », selon un récent avis du Conseil économique, social et environnemental (Cese) validé le 12 juillet 2022 en séance plénière à l'unanimité (122 pour). Le document de 203 pages (en lien ci-dessous) contient vingt préconisations afin de revaloriser ce secteur essentiel, en particulier en période de crise, qui vise à « permettre l'accès des personnes à l'ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté ».

2 Français sur 3 « vulnérables »

« En France, deux personnes sur trois vivent avec une forme de vulnérabilité. Les métiers du lien social s'adressent à tout ce qui les relie à la société et contribuent au maintien des liens de solidarité », insiste Thierry Beaudet, président du Cese, rappelant que ce sujet « nous concerne tous ». Au total, le pays compte 250 000 professionnels socio-éducatifs (éducateurs spécialisés, moniteurs éducateurs...), 90 000 professionnels de l'action sociale (assistants de service social...), 115 000 accompagnants d'élèves en situation de handicap et 385 000 animateurs des secteurs public et privé. Pour élaborer cet avis, le Conseil a interrogé, du 1er mars au 15 avril 2022, des professionnels de la cohésion sociale, des formateurs, des étudiants en formation ainsi que des personnes accompagnées.

Pour une hausse globale des salaires

Pour répondre au « malaise des professionnels », le Conseil recommande de financer une hausse globale des salaires tant dans le secteur privé que public mais aussi de lancer une campagne de recrutement dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) ainsi que les accueils et collectifs de mineurs, avec une attention particulière sur les formations en alternance. Il préconise également de promouvoir ces métiers via une campagne de communication nationale grand public, axée sur « le sens, l'éthique et les valeurs du travail social, médico-social et de l'animation socio-éducative ». Pour « redonner la priorité au sens du travail », il exhorte à une meilleure prise en compte du temps nécessaire à un « échange de qualité » lors de l'accueil des usagers et des interventions des professionnels.

Simplifier les modes de financement

Autre préconisation : simplifier les modes de financement en prévoyant, via un forfait global, uniquement la rémunération des services assurés par les opérateurs. Par exemple, dans ce forfait unique, le financement des ESSMS devrait comprendre exclusivement les frais de fonctionnement liés au coût des soins d'hygiène et de confort, de la coordination du parcours de soin et de l'hébergement. La prise en charge des soins de ville et les produits de santé, qui répondent par nature à des besoins évolutifs, devraient ainsi être sortis des budgets des ESSMS et pris en charge au titre du droit commun de l'Assurance maladie. Par ailleurs, le Cese recommande d'anticiper l'évolution des activités proposées dans les établissements et de renforcer la formation continue. Pour rendre compte de l'ampleur de la charge qui pèse sur ces professionnels, le Cese a décidé d'aller plus loin qu'un simple avis, en publiant un rapport. « Il revient désormais à la représentation nationale et au gouvernement de s'en saisir pour inverser la tendance », conclut-il.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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