Un généraliste de SOS Médecins est condamné pour « provocation non publique à la haine ou à la violence en raison du handicap » mais il est en revanche relaxé des poursuites pour apologie de crime ou délit. Jean-François Pion avait été suspendu trois mois en juillet 2017, à compter du 9 octobre, par le conseil de l'Ordre des médecins dans cette affaire (article en lien ci-dessous).
Solution finale
Le conseil de l'Ordre reprochait au médecin d'avoir tenu en janvier devant une infirmière des propos « violents et discriminatoires à l'égard des personnes handicapées et des homosexuels » à l'issue d'une intervention à la maison d'accueil spécialisée de La Glacerie (Manche), où séjournent des adultes handicapés dépendants. Selon l'infirmière présente au moment des faits, les réflexions de M. Pion portaient sur le sort qui pourrait être réservé à des personnes gravement handicapées, le médecin parlant d' « un bon coup de cyanure », sur la « solution finale » des nazis à l'égard des « individus qui ne servent à rien dans la société, les handicapés et les homosexuels ».
Propos prohibés par la loi
Interrogé par l'AFP, l'avocat du médecin, Me Jean-Pierre Levacher, a affirmé que le généraliste avait juste « opposé la logique d'un système à celle d'un autre mais sans avoir aucune considération pour le système de l'extermination qu'il abhorre ». Le conseil de l'ordre avait estimé que même en admettant « que les propos du docteur Pion n'expriment pas une adhésion sans réserve à des thèses d'eugénisme et d'élimination de certaines catégories de personnes, ils tendent à tout le moins à présenter comme dignes d'intérêt des actes, envisagés comme systématiques, que la loi prohibe ».
Une sanction modérée
Pour Me Levacher, la sanction décidée par le tribunal correctionnel de Cherbourg est « très modérée au regard de ce qui a été dit et écrit dans cette affaire ». « Il s'agit d'une peine contraventionnelle et non d'une peine délictuelle », a-t-il ajouté, ignorant si son client allait faire appel. Partie civile, l'Association du Cotentin d'aide et d'intégration (ACAIS), qui gère la maison d'accueil spécialisée, a obtenu l'euro symbolique qu'elle demandait.
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