Propos indignes sur le handicap : radiation de 6 mois !

Des propos favorables à la stérilisation, voire l'euthanasie de certaines personnes handicapées tenus par un généraliste ? Il risquait la radiation ; il écope de 6 mois dont 3 avec sursis !

10 juillet 2017 • Par

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Dernière minute le 10 juillet. Dans son délibéré, rendu le 7 juillet, la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Basse-Normandie considère que les déclarations de Jean-François Pion sont « contraires au respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité ainsi qu'au principe de moralité ». Le médecin a été condamné, à compter du 9 octobre, à six mois d'interdiction d'exercer, dont trois avec sursis ! Son avocat a refusé d'indiquer si son client fera, ou non, appel de la sanction.

Article du 26 juin. Il s'étonne qu'on « laisse se reproduire » certaines personnes handicapées, estimant que la stérilisation serait une bonne chose et, pourquoi pas l'euthanasie, avec « un bon coup de cyanure ». Ce sont les propos qu'aurait tenus un médecin généraliste de Cherbourg.

Des cobayes utiles

L'affaire remonte au 21 janvier 2017. Il attend l'arrivée d'une ambulance pour un patient lourdement handicapé de la maison d'accueil spécialisé (MAS) de la Glacerie (Nord-Cotentin), tout en s'entretenant avec une infirmière. Lors de leur conversation, il nomme les personnes hébergées au sein de l'établissement les « neuneus » et se met à évoquer la politique d'extermination sur les personnes handicapées et homosexuelles pratiquée par l'Allemagne nazie, semblant manifestement la cautionner. « Ils ne servaient à rien dans la société pour les Nazis », explique-t-il à l'infirmière, et ajoute que seuls ceux qui ont servi de cobayes « ont été utiles, de cette façon ».

Des propos plus nuancés ?

Le 24 juin 2017, ce praticien comparaissait devant la chambre disciplinaire de l'Ordre régional des médecins de Basse-Normandie, à Caen (Calvados), ne contestant pas son discours même s'il le nuance en estimant qu'il a été mal interprété. Il parle de réflexions « cyniques, désabusées et philosophiques » tenues dans un contexte particulier et qui n'ont pas été comprises par l'infirmière. Et surtout tenues dans un « cadre privé ». Il affirme, lors de son audience, que l'euthanasie serait uniquement un « choix personnel » s'il devait un jour être privé de son autonomie. Ce que conteste l'infirmière. Il admet néanmoins avoir été « peut-être maladroit » et présente ses excuses.

Risque de radiation

Son discours pourrait bien lui valoir une suspension, voire une radiation de l'Ordre des médecins, demandée par l'ARS (Agence régionale de santé) au motif de manquements graves au code de déontologie. La chambre disciplinaire régionale devra trancher ; sa décision, mise en délibéré, devrait être rendue dans un mois.

Des hommages aux victimes des Nazis

Quelques semaines auparavant, le 10 décembre 2016, était dévoilée par le président François Hollande une plaque sur le parvis des droits de l'Homme, à Paris, en mémoire des 45 000 Français handicapés morts de faim et d'abandon dans les hôpitaux psychiatriques français pendant la période nazie (article en lien ci-dessous). Un devoir de mémoire mené depuis des années par l'anthropologue Charles Gardou. Un mois plus tard, c'était au tour de l'Allemagne de rendre hommage aux 300 000 personnes handicapées assassinées en secret par les Nazis pendant la guerre, considérées comme « indignes de vivre » afin de protéger le patrimoine génétique aryen (article en  lien ci-dessous). Même époque, autre discours…

© Andrey Popov/Fotolia

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