Covid : le vaccin étendu aux moins de 4 ans à risque

La France traverse sa 9e vague Covid. S'appuyant notamment sur les recommandations internationales, la HAS recommande de vacciner les enfants âgés de 6 mois à 4 ans révolus à risque, notamment avec une trisomie 21 ou un handicap neurologique.

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Voilà trois ans que le Covid-19 bouleverse notre quotidien. Alors que la neuvième vague bat son plein avec 71 212 personnes contaminées en 24 heures au 19 décembre 2022 et un nombre de décès croissant (591 sur les sept derniers jours, soit une hausse de 29,9 %), la Haute autorité de santé (HAS) recommande d'élargir « dès aujourd'hui la vaccination aux enfants âgés de 6 mois à 4 ans révolus à risque de forme grave de la maladie et de décès ».

Facteurs de risque : handicap neurologique, trisomie 21...

Elle cible ainsi, plus précisément, les enfants avec l'une de ces comorbidités : cardiopathies congénitales, maladies hépatiques chroniques, maladies cardiaques et respiratoires chroniques (y compris l'asthme sévère nécessitant un traitement continu), maladies neurologiques, immunodéficience primitive ou induite par médicaments, obésité, diabète, hémopathies malignes, drépanocytose et trisomie 21. La HAS conseille également cette primo-vaccination « pour les enfants porteurs d'une des comorbidités identifiées préalablement chez les adultes comme facteurs de risque de développer une forme grave de la maladie, dont un cancer récent, une maladie rénale chronique ou un handicap neurologique ».

... vivant avec une personne immunodéprimée

Enfin, conformément à la stratégie de « cocooning » qu'elle préconise depuis le début de l'épidémie, la HAS exhorte à faire vacciner les enfants de 6 mois à 4 ans « vivant dans l'entourage de personnes immunodéprimées ou non répondeurs à la vaccination, dans le cadre d'une décision médicale partagée avec les parents ». Elle préconise en outre que les médecins spécialistes d'organes et de maladies rares puissent proposer au cas par cas la vaccination aux enfants jugés « particulièrement vulnérables mais dont les facteurs de risques ne figurent pas dans ces listes, sur la base d'une appréciation du rapport bénéfice/risque individuel ».

Schéma vaccinal à trois doses

La HAS recommande, pour cela, d'utiliser le vaccin Comirnaty® de Pfizer, dont l'extension aux enfants de moins de 4 ans a été accordée par l'Agence européenne du médicament (EMA) le 25 novembre 2022. « Il doit être administré selon un schéma vaccinal à trois doses, avec un premier intervalle de trois semaines, puis un second d'au moins huit semaines », précise-t-elle dans un communiqué. Pour rendre son avis, cette autorité publique indépendante s'appuie sur les recommandations internationales liées à la vaccination de ces enfants ainsi que les travaux de Santé publique France concernant l'évolution épidémiologique récente dans cette classe d'âge : les moins de 1 an représentaient 70 % des hospitalisations des 0-17 ans et 84 % des admissions en soins critiques. Elle a également évalué les données disponibles sur le vaccin de Pfizer. « Celles-ci démontrent notamment après trois doses une efficacité de 80,3 % contre les infections symptomatiques pour toutes les tranches d'âge entre 6 mois à 4 ans qui n'ont pas d'antécédent d'infection », explique-t-elle. « Les données d'immunogénicité (ndlr : la capacité d'un antigène à provoquer une réponse immunitaire bien spécifique) et de tolérance se révèlent également satisfaisantes : aucun décès, aucun cas de myocardite ou de péricardite n'a été rapporté dans les différentes études menées », poursuit-elle.

Extension d'un nouveau vaccin aux adolescents

Dans le même temps, la Haute autorité de santé a évalué l'intérêt d'intégrer le vaccin Nuvaxovid® du laboratoire américain Novavax à ceux utilisables en primo-vaccination chez les adolescents âgés de 12 à 17 ans, extension d'indication octroyée par l'EMA le 23 juin 2022. La HAS se dit « favorable » à l'utilisation de ce vaccin à protéine recombinante, disponible en France, pour les adultes, depuis le 1er mars 2022, « si besoin pour les adolescents ne pouvant ou ne souhaitant pas un vaccin à ARNm ». « Les données disponibles en primo-vaccination chez les adultes et les adolescents présentent des résultats favorables en matière de réponse immunitaire, ainsi qu'une bonne tolérance », conclut-elle.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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