Depuis fin février 2026 et la publication du décret n°2026-234, entré en vigueur le 2 avril 2026, le Compte personnel de formation (CPF) a changé de logique. Désormais, impossible d'utiliser librement l'intégralité de son budget : des plafonds s'imposent selon les formations. Comptez 1500 € maximum pour certaines certifications, 1600 € pour un bilan de compétences ou encore 900 € pour le permis de conduire. Autre évolution majeure : pour toute formation validée à partir du 2 avril, il faudra désormais débourser 150 € de sa poche, contre 103,20 € auparavant. Mais cette réforme soulève des inquiétudes, notamment pour les publics les plus précaires, pour qui ce coût supplémentaire peut constituer un frein à l'accès à la formation.
Pas d'exception pour le handicap
Une confusion circule actuellement, suggérant que les personnes en situation de handicap seraient exonérées de ces 150 € de reste à charge. Une information « erronée », selon la Caisse des dépôts, qui gère le CPF et que Handicap.fr a contactée. En réalité, aucune exception spécifique n'est prévue pour le handicap. Une donnée confirmée par les textes officiels. Les personnes en situation de handicap, qu'elles soient titulaires d'une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), de la prestation de compensation du handicap (PCH) (…), sont soumises aux mêmes règles que l'ensemble des titulaires, contrairement à ce qui a pu être relayé.
Certes, le CPF des personnes en situation de handicap reste alimenté de manière plus importante (800 € par an avec un plafond majoré, contre 500 euros pour un CPF « classique »), mais au moment de valider une formation, elles sont soumises au même régime que les autres salariés.
Qui est exonéré ?
Les exonérations existent, mais elles concernent des situations bien précises : les demandeurs d'emploi, les bénéficiaires de financements par leur employeur, pour les financements versés à compter du 1er janvier 2023 ou leur opérateur de compétences (OPCO), certains dispositifs comme le Compte professionnel de prévention (C2P) ou encore les abondements liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT/MP).
Si la formation est un levier majeur de maintien dans l'emploi ou de reconversion pour les personnes handicapées, l'ajout de barrières financières et de plafonds de prise en charge risque de freiner des parcours déjà complexes.


