Mieux repérer pour mieux accompagner, tel est le mot d'ordre de la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement. Lancé en novembre 2023, ce plan dédié à l'autisme, au TDAH, aux troubles dys ou encore au trouble du développement intellectuel (TDI) mobilise 680 millions d'euros jusqu'en 2027. À cela s'ajoute le plan « 50 000 solutions », doté de 1,5 milliard d'euros d'ici 2030. Le gouvernement revendique des « avancées significatives » dans tous les champs du handicap et du neurodéveloppement : recherche, diagnostic précoce, scolarisation, emploi ou encore habitat inclusif.
Autisme, TSA, TDAH : le repérage précoce accélère
Parmi les chiffres mis en avant, celui du repérage précoce des enfants avec autisme ou TND. Fin 2025, plus de 186 000 enfants avaient été orientés vers une plateforme de coordination et d'orientation (PCO), permettant un accompagnement sans reste à charge, contre 100 000 en 2024. Le nombre de PCO dédiées aux 7-12 ans a quasiment doublé en un an, avec 73 structures ouvertes sur le territoire. La recherche sur l'autisme et les troubles du neurodéveloppement monte également en puissance. Un sixième centre d'excellence a ouvert à Bordeaux, rejoignant ceux de Paris, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Tours. Le groupement scientifique Autisme et TND fédère désormais 800 chercheurs français et plus de 500 équipes internationales.
Inclusion scolaire et enseignement supérieur : l'autorégulation s'impose
L'école inclusive franchit également un cap. Désormais, le principe de l'autorégulation (un dispositif d'inclusion scolaire où l'élève étudie en classe ordinaire mais bénéficie d'un accompagnement spécifique pour apprendre à gérer seul ses émotions, son attention et ses comportements face aux apprentissages) s'élargit à l'ensemble des TND. Sur le terrain, ce sont 664 dispositifs scolaires spécifiques qui accueillent plus de 5 600 élèves, englobant 345 unités d'enseignement maternel autisme (UEMA) et 185 unités d'enseignement élémentaire autisme (UEEA). Le milieu universitaire n'est pas en reste puisque le programme « Atypie Friendly » rend les amphis plus accessibles, avec déjà 53 % des établissements de l'enseignement supérieur signataires de la charte.
Emploi et vie d'adulte : briser le plafond de verre du handicap
L'insertion professionnelle reste le parent pauvre du secteur, avec moins de 10 % des personnes présentant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) ou un trouble du développement intellectuel (TDI) en activité. Pour contrer cela, une instruction lancée en 2025 soutient l'emploi en milieu ordinaire tout en sécurisant l'accès à un habitat inclusif adapté. De plus, le guide « La neurodiversité en entreprise », publié en mars 2026, outille les recruteurs contre les biais de sélection. Si Étienne Pot, délégué interministériel, salue un « engagement collectif », Camille Galliard-Minier, ministre chargée des Personnes handicapées, rappelle que ce bilan doit « mieux adapter les réponses aux besoins et éclairer les actions à venir ».
Malgré ces annonces, le bilan reconnaît lui-même des « difficultés structurelles ». Les délais de diagnostic restent particulièrement longs dans certains territoires, notamment pour les adultes avec autisme ou TDAH. Les associations alertent aussi sur les ruptures de parcours, le manque de professionnels formés et les fortes inégalités d'accès aux soins selon les départements.
Autre avancée en demi-teinte : 96 départements participent désormais au déploiement de l'habitat inclusif. Mais pour de nombreuses familles confrontées à l'autisme sévère ou aux troubles complexes du neurodéveloppement, la promesse d'une société pleinement inclusive reste encore lointaine.
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