Handicap : tout ce qui change en janvier 2026

Aide à l'adaptation d'un logement, emploi, fiscalité... L'année 2026 démarre avec une série de changements pour les personnes handicapées, entre avancées concrètes et contexte budgétaire incertain, sur fond de débats autour du PLFSS 2026.

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Main d’un homme qui remplace le dé numéroté «5» de 2025 par «6» pour faire 2026.

Nouvelle année, nouvelles règles ! Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs mesures sont entrées en vigueur dans le champ du handicap, parfois discrètement, parfois sur fond de tensions budgétaires. Adaptation du logement, fiscalité, prestations sociales… Que s'est-il concrètement passé en ce début d'année pour les personnes en situation de handicap ? Tour d'horizon.

MaPrimeAdapt' : une aide reconduite et des plafonds relevés

Deux ans après son lancement, MaPrimeAdapt' a été reconduite en 2026 et s'inscrit désormais dans la durée. Cette aide publique vise à financer les travaux d'adaptation du logement, comme l'installation d'une douche de plain-pied, la suppression de marches ou l'élargissement des portes, afin de favoriser l'autonomie et le maintien à domicile des personnes handicapées ou en perte d'autonomie. Elle est pilotée par l'Agence nationale de l'habitat (Anah), qui en fixe les règles d'éligibilité, instruit les dossiers et verse les aides. 

MaPrimeAdapt' offre un intérêt majeur pour les personnes handicapées : elle peut se cumuler avec la Prestation de compensation du handicap (PCH). Ce cumul permet de financer une part plus importante des travaux et de réduire le reste à charge, faisant de ce dispositif un levier central pour de nombreux foyers confrontés à des aménagements coûteux.

En 2025, près de 38 000 dossiers ont été enregistrés, pour une aide moyenne de 6 045 euros, confirmant sa montée en puissance. Pour 2026, l'objectif affiché est de 41 000 dossiers financés, dans un contexte budgétaire pourtant contraint (explications ci-dessous). 

Autre bonne nouvelle : les plafonds de ressources donnant droit à MaPrimeAdapt' ont été revalorisés et servent désormais de référence pour l'instruction des dossiers, conformément aux barèmes annuels de l'Anah. Concrètement, pour une personne seule, le plafond applicable aux ménages très modestes est relevé de 22 461 à 24 031 euros, tandis que celui des ménages modestes passe de 27 343 à 29 253 euros. Pour un couple, les seuils évoluent respectivement de 32 967 à 35 270 euros pour les foyers très modestes et de 38 184 à 42 933 euros pour les foyers modestes, élargissant sensiblement le public pouvant prétendre à cette aide.

Plus d'infos dans l'article : 1 an de MaPrimeAdapt': tout savoir pour adapter son logement.

MaPrimeAdapt' : des démarches longues et des demandes temporairement gelées

Si le dispositif est confirmé sur le fond, son accès demeure complexe dans la pratique. Les démarches pour obtenir MaPrimeAdapt' restent longues et souvent fastidieuses, entre la constitution du dossier, l'évaluation des besoins et les délais d'instruction, une réalité régulièrement dénoncée par les personnes concernées.

À cette complexité structurelle s'ajoute, en ce début d'année 2026, un blocage conjoncturel. En l'absence d'adoption du Projet de loi de finances et du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les nouvelles demandes sont temporairement suspendues, l'Anah n'étant pas autorisée à engager de nouveaux crédits tant que le budget n'est pas voté.

Les dossiers déposés avant le 1er janvier 2026 continuent en revanche d'être instruits et les aides déjà accordées sont maintenues et versées. Pour les personnes devenues éligibles avec les nouveaux plafonds, l'attente se prolonge, parfois malgré des besoins urgents liés à l'accessibilité ou à la sécurité du logement.

Véhicules adaptés : une fiscalité plus stricte à la revente

Autre évolution entrée en vigueur au 1er janvier : la fiscalité applicable aux véhicules adaptés. Désormais, un véhicule ayant bénéficié d'avantages fiscaux en raison de son adaptation au handicap peut être soumis à taxation lors de sa revente s'il perd son caractère accessible, notamment lorsque les équipements spécifiques sont retirés.

Dans ce cas, le véhicule est considéré comme un modèle standard et ne bénéficie plus du régime dérogatoire. Cette réforme vise à encadrer les exonérations existantes, mais elle suscite des inquiétudes chez les personnes handicapées, pour qui les adaptations représentent souvent un investissement important et difficilement amortissable.

Plus d'infos dans l'article : Malus rétroactif : coup dur pour les conducteurs handicapés.

Plafond de la Sécurité sociale : une hausse aux effets indirects

Depuis le 1er janvier 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale a été revalorisé d'environ 2 %, pour atteindre 48 060 euros par an, soit 4 005 euros par mois. Ce plafond constitue un montant de référence central du système de protection sociale français, servant de base au calcul de nombreuses cotisations sociales et de certaines prestations.

Pour les personnes handicapées, l'impact est indirect mais réel. Cette revalorisation peut influer sur le calcul de certaines pensions d'invalidité ou d'indemnités liées à une activité professionnelle antérieure, même si elle ne concerne pas directement les aides non contributives comme l'Allocation aux adultes handicapés (AAH).

PLFSS 2026 : un début d'année sous tension budgétaire

Peu de prestations liées au handicap ont été revalorisées en ce début d'année. Cette situation tient à la fois aux calendriers propres à chaque aide et au contexte budgétaire, marqué par l'absence d'adoption définitive du PLFSS pour 2026, qui limite la visibilité sur certaines évolutions à venir.

Pour rappel, le PLFSS fixe chaque année les grandes orientations budgétaires de la protection sociale, dont les politiques liées au handicap. À ce stade, aucune baisse de droits n'est actée. Mais l'absence de cadre budgétaire stabilisé nourrit la crainte d'un gel de certaines revalorisations, tant que les arbitrages ne sont pas définitivement tranchés.

Aide à domicile : un tarif plancher national pour la PCH

Autre nouveauté : la mise en place d'un tarif plancher national de 25 euros de l'heure pour les services d'aide et d'accompagnement à domicile habilités à l'aide sociale. Ce tarif s'applique aux heures financées dans le cadre des plans d'aide de la PCH. Il vise à garantir une meilleure valorisation du travail des professionnels du domicile et à sécuriser l'offre de services, dans un secteur essentiel à l'autonomie et au maintien à domicile des personnes handicapées.

Emploi : un accompagnement renforcé pour les personnes handicapées

Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle convention nationale vient renforcer l'accompagnement des personnes en situation de handicap vers et dans l'emploi. Signée le 18 novembre 2025 entre l'État, France Travail, le réseau Cap emploi, l'Agefiph et le FIPHFP, elle élargit le cadre de coopération existant.

Cette convention prévoit notamment un accompagnement plus structuré ainsi qu'un meilleur suivi des financements mobilisés et des résultats obtenus. Elle vise également à améliorer l'appui proposé aux employeurs, qu'ils soient publics ou privés, afin de sécuriser les parcours professionnels des travailleurs handicapés.


Si les deux prochaines mesures ne sont pas entrées en vigueur au premier de l'an, elles méritent d'être rappelées (ou annoncées), au regard de leur impact concret sur le quotidien des personnes handicapées.

Fauteuils roulants : le remboursement intégral depuis décembre

Depuis le 1er décembre 2025, les fauteuils roulants sont intégralement remboursés par l'Assurance maladie, sans reste à charge pour les utilisateurs. Cette réforme concerne les modèles manuels comme électriques, dans des versions standards ou spécifiques, selon une liste définie par les autorités de santé.

Très attendue par les associations, cette mesure vise à garantir un accès équitable à la mobilité, alors que le coût d'un fauteuil peut atteindre plusieurs milliers d'euros. Elle marque une avancée majeure pour l'autonomie des personnes handicapées, même si des interrogations subsistent sur les délais de renouvellement et l'adéquation des modèles proposés aux besoins individuels.

Plus d'infos dans l'article : Fauteuil roulant : top départ pour le remboursement à 100 %.

AAH : une revalorisation attendue au printemps

Comme chaque année, l'Allocation aux adultes handicapés (AAH) fera l'objet d'une revalorisation au 1er avril, conformément au mécanisme légal d'indexation sur l'inflation. L'an passé, elle avait connu une hausse de 1,7 %, faisant passer son montant maximal de 1 016,05 à 1 033,32 euros par mois (pour une personne seule sans ressources). Pour 2026, les projections disponibles font état d'une hausse nettement plus modérée, estimée autour de 0,9 %, ce qui porterait le montant mensuel à taux plein à environ 1 042 euros.

Ces chiffres restent toutefois indicatifs. Ils reposent sur des estimations établies à partir des mécanismes habituels de revalorisation et du contexte budgétaire actuel, marqué par les arbitrages en cours autour du PLFSS 2026. Comme chaque année, le montant définitif ne sera connu qu'à la publication du décret de revalorisation, attendue au printemps.

Plus d'infos sur l'AAH dans notre dossier :  Comprendre l'AAH (Allocation adulte handicapé).

© ภาพของSakorn Sukkasemsakorn / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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