Damien Abad, 1er patron handicapé du parti LR à l'Assemblée

Cette fois c'est la bonne ! 2 ans après avoir échoué face à Christian Jacob, Damien Abad, atteint d'une maladie qui limite sa mobilité, vient d'être élu président du groupe LR de l'Assemblée. Il devient ainsi le 1er élu handicapé à occuper ce poste.

6 novembre 2019 • Par

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Par Charlotte Hill

Damien Abad, 39 ans, vient d'être élu, président du groupe LR de l'Assemblée. Ce "méthodique" très "volontaire" a fait son chemin au sein du parti de droite, naviguant de Bruno Le Maire à François Fillon. Atteint d'une arthrogrypose, une maladie rare qui bloque ses articulations et réduit sa mobilité, il avait été, en 2012, le premier élu en situation de handicap à siéger à l'Assemblée, prévenant d'emblée que son engagement politique n'était "pas lié à (s)on handicap" qui n'est "ni un frein ni un moteur". Le 6 novembre 2019, l'élu de l'Ain l'a emporté au second tour lors d'un scrutin interne face à Olivier Marleix, par 64 voix contre 37. Il succède ainsi à M. Jacob qui vient de prendre la tête d'un parti en crise, après avoir présidé le groupe pendant près de neuf ans. Ce dernier lui a souhaité "pleine réussite" sur Twitter.

Force de proposition

Petit-fils de mineur né le 5 avril 1980 à Nîmes (Gard), ce diplômé de Sciences Po a été président des Jeunes Centristes avant d'être élu plus jeune eurodéputé français en 2009. Soutien de Bruno Le Maire lors de la primaire de 2016 avant la présidentielle, il avait ensuite fait campagne pour François Fillon, sans démissionner de son équipe contrairement à d'autres. Depuis plusieurs mois, il était à pied d'œuvre pour la présidence du groupe des 104 députés LR, de manière "très offensive". Jusqu'à récemment vice-président de LR sous Laurent Wauquiez, M. Abad avait fait le choix de ne plus occuper de fonctions exécutives au sein du parti pour se concentrer sur cette candidature. Il s'était d'ailleurs déjà présenté face à M. Jacob en 2017. Le 6 novembre 2019, le député a affiché sa volonté de "rassembler" les "104 PME" que constituent les députés LR, et de montrer que le groupe est aussi une "force de proposition qui peut incarner l'alternance".

Stratégie de reconquête

Ses collègues voient dans sa fonction un "élément essentiel de la stratégie de reconquête". Doté d'"une volonté et d'une détermination sans faille", c'est un "méthodique", selon Philippe Gosselin, Éric Woerth saluant aussi "quelqu'un qui a une vraie réflexion". M. Abad a l'avantage de ne pas être "hors sol", estime Éric Ciotti, pour qui le groupe "doit être un incubateur d'idées" et montrer qu'"au-delà d'être une force d'opposition solide", il est aussi "force de proposition". Julien Aubert voit dans le nouveau président "un bon point d'équilibre" entre "indépendance" et "vassalité" par rapport au parti. Il était déjà le premier vice-président de Christian Jacob à l'Assemblée, "signal fort d'une bonne entente entre le parti et le groupe", observe Fabien Di Filippo.

Parcours en zigzag

Pour un responsable du parti, le député "fédère un vrai noyau mais a aussi pas mal d'ennemis". Certains le disent "changeant" et relèvent qu'il a beaucoup zigzagué, entre "Lemairisme" et "Fillonisme" puis "Wauquiézisme". Il est "Abadiste", tacle un élu LR, jugeant que son élection constitue un "camouflet" pour Christian Jacob, alors qu'Olivier Marleix aurait eu sa préférence. "Les choses se sont faites à la loyale", assure à l'AFP Annie Genevard, l'une des responsables du parti. Pour la députée Constance Le Grip, le président de groupe n'est pas attendu sur "une question de ligne" mais est "surtout chargé de mettre en valeur les talents et les compétences". Et Damien Abad "a défendu des idées précises en matière de management". Pour le jeune élu Maxime Minot, 32 ans, il "saura amener ce nouveau souffle tant attendu" avec "son ouverture d'esprit sur la société d'aujourd'hui". M. Abad s'était notamment abstenu sur l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, votant ainsi de façon opposée à la majorité des membres de son groupe. Pour autant, à gauche, Ugo Bernalicis (LFI) voit en lui "la caricature de ce qu'on peut attendre d'un type de droite un peu libéral".

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