Tous cancers confondus, les personnes en situation de handicap se font deux fois moins dépister. Ces dernières, malgré la loi du 11 février 2005, restent confrontées à des obstacles majeurs en oncologie : accessibilité limitée des structures de santé, information inadaptée, défaut de coordination entre sanitaire et médico-social, rupture de suivi. Résultat ? Des diagnostics plus tardifs et des pertes de chance évitables.
Un taux de mortalité par cancer doublé
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2018-2019, seules 31,3 % des femmes bénéficiaires de l'AAH ont participé au dépistage organisé du cancer du sein, contre 52 % en population générale. Moins d'une femme sur trois, contre une sur deux. Résultat, les tumeurs sont souvent découvertes à un stade avancé, réduisant drastiquement les chances de guérison. Le taux de mortalité par cancer est ainsi doublé par rapport à la population dans son ensemble. « Ces difficultés appellent une action nationale et collective résolue pour améliorer le parcours face au cancer des personnes en situation de handicap », alerte l'Institut national du cancer (INCa).
Une priorité affichée dans la stratégie 2026-2030
Pour répondre à cette urgence, Nicolas Scotté, directeur général de l'INCa, a présenté le 19 février 2026 un programme d'actions dédié lors de l'Assemblée plénière du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). Objectif : garantir une équité réelle d'accès, de qualité et de continuité des parcours en cancérologie. Concrètement, cinq axes structurent cette feuille de route : améliorer l'accès à la prévention et au dépistage, développer des parcours coordonnés et sécurisés, renforcer les pratiques professionnelles, faire des personnes concernées des actrices de leur parcours, et soutenir la recherche dans le champ « handicap et cancer », pour que le handicap ne soit plus un facteur de risque supplémentaire face à la maladie.
Cinq axes pour transformer les parcours
Le programme a été coconstruit avec les personnes concernées, les associations, les professionnels de santé et du médico-social, ainsi que les partenaires institutionnels tels que la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et le Secrétariat général du Comité interministériel du handicap (CIH). Plus de 80 participants ont contribué à son élaboration lors d'une journée dédiée en avril 2025. Parmi les leviers annoncés : développement d'outils en Facile à lire et à comprendre (FALC), amélioration du repérage du handicap dans les bases médico-administratives, appels à projets ciblés et pilotage national associant tous les acteurs. Un comité thématique assurera désormais le suivi annuel des actions. En ligne de mire : faire en sorte que les progrès en oncologie bénéficient à tous, sans angle mort.
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