C'est l'histoire d'un papa qui n'a pas accepté l'exclusion de son fils autiste. Olivier Tran, entrepreneur, a décidé en 2020 de plaquer sa carrière pour « construire une solution d'avenir » pour son garçon. Cinq ans plus tard, il est à la tête d'une entreprise florissante de l'économie sociale et solidaire : Biscornu. Le principe ? Apporter un service traiteur haut de gamme aux entreprises, en employant des personnes en situation de handicap mental et cognitif, parfois porteuses d'un trouble du spectre autistique (TSA). Petit tour du propriétaire à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme du 2 avril 2025 (vidéo ci-contre).
43 permanents dont 23 en situation de handicap
« L'objectif est d'offrir à ces jeunes, qui n'ont pas eu la chance de pouvoir suivre des cours ou des cursus d'apprentissage classiques, la possibilité de se professionnaliser et de dévoiler tous leurs talents », explique le fondateur. Aujourd'hui, l'entreprise basée à Colombes (Hauts-de-Seine) emploie 43 permanents dont 23 en situation de handicap. 80 « extras » sont également formés au service pour pouvoir intervenir lors des cocktails déjeunatoires, dinatoires, des repas assis, des « pauses petit-déjeuner », « goûters »...
Des chefs sensibilisés au handicap
Au cœur des cuisines de Biscornu, l'organisation est millimétrée. Une vraie brigade ! Chaque travailleur en situation de handicap est préposé à un poste en particulier : plonge, découpe, cuisson, packaging... Et toujours encadré par des chefs de cuisine « valides », sensibilisés à la question du handicap. « Ils sont touchés personnellement par ce sujet. C'est ce qui rend cette dynamique très complémentaire et efficace », affirme Olivier Tran.
Une pédagogie adaptée et des outils simplifiés
Antoine, chef de cuisine, a reçu des formations en interne lui permettant d'adapter sa pédagogie, et notamment de « simplifier les outils », en utilisant des codes couleurs, des schémas et la répétition des savoirs. « Ils (les travailleurs, ndlr) nous apportent autant de choses que ce que nous pouvons leur apporter. Moi, par exemple, j'ai appris à travailler énormément sur ma patience, me dire qu'il y a toujours plusieurs façons de faire et que c'est ça aussi la richesse d'un travail pour pouvoir évoluer », indique-t-il.
Une répétition des tâches qui rassure
De son côté, Théo, travailleur en situation de handicap et diplômé d'une école hôtelière, « aime particulièrement faire les gâteaux », notamment les tartes au citron meringué. « Il est appliqué et minutieux », « rassuré d'être encadré par une forme de répétition de tâches », explique Kévin, son encadrant.
Une croissance à l'international ?
Après la restauration, Biscornu souhaite s'étendre à d'autres secteurs en tension, comme la distribution, l'hôtellerie ou encore le nettoyage. Avec Afûté, une autre structure de l'écosystème, Olivier Tran et toute son équipe permettent à des personnes en situation de handicap éloignées du marché de l'emploi de l'intégrer. Prochaines étapes : se déployer dans d'autres régions françaises, voire à l'international…
© Biscornu