Le médico-social, premier employeur associatif en France avec près de 8000 établissements employeurs et 400 000 salariés, vacille. Manque de personnel, turn-over, difficultés de recrutement… La qualité de l'accompagnement est en jeu (Handicap : 1er employeur associatif du médicosocial en crise ). Selon un baromètre Axess publié en avril 2026, 28 000 postes restent vacants dans le secteur médico-social associatif, fragilisant l'accompagnement des personnes en situation de handicap dans un secteur en tension depuis plusieurs années. Dans ce contexte, connaître ses droits devient essentiel. « Sentez-vous libre de parler de ce que vous vivez », martèle le nouveau guide de la Haute autorité de santé (HAS). L'objectif ? Que les usagers ne subissent plus, mais deviennent acteurs de leur quotidien.
Un entretien pour raconter son quotidien
Tous les cinq ans, les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) sont obligatoirement évalués par des organismes extérieurs. Au cœur de ce processus : un entretien individuel avec les usagers, appelé méthode de « l'accompagné traceur ». Pendant 30 à 40 minutes, chacun peut partager son expérience : respect, intimité, participation aux décisions, accès aux activités… « Dites simplement ce que vous vivez au quotidien », insiste le Le guide usagers publié en avril 2026, qui se décline également en version Facile à lire et à comprendre (FALC).
Liberté de parole… et garanties
Ces entretiens reposent sur des principes clairs : consentement, confidentialité, libre-arbitre. L'usager peut refuser d'y participer, être accompagné d'un proche, demander des pauses. Et surtout, parler sans crainte de conséquences. « Dire ce qui ne va pas ne signifie pas que les professionnels travaillent mal », précise la HAS. L'objectif n'est pas de sanctionner, mais d'améliorer, rassure la HAS. Une nuance essentielle dans un secteur où les tensions peuvent freiner la prise de parole.
Transformer les témoignages en actions
Après les entretiens, les évaluateurs observent, croisent les regards et formulent des recommandations rédigées dans un rapport contenant des « actions d'amélioration ». Les résultats sont ensuite rendus publics, notamment via la plateforme Qualiscope. Derrière ces rapports, un enjeu concret : faire évoluer les pratiques et les organisations. Mais pour que ces évaluations aient un impact réel, encore faut-il que les usagers s'en saisissent. À l'heure où le médico-social est en crise, ces entretiens ne sont pas un détail administratif : ce sont des leviers pour défendre ses droits… et améliorer ses conditions de vie.
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