Euthanasie: avant Vincent Lambert,d'autres cas retentissants

Outre Vincent Lambert pour qui un arrêt des soins doit être engagé le 20 mai 2019, des malades en état végétatif se sont retrouvés ces 20 dernières années au coeur de polémiques et batailles juridiques, en Europe et aux Etats-Unis.

22 mai 2019 • Par

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Vincent Humbert

Tétraplégique, muet et quasiment aveugle à la suite d'un accident de la route, mais disposant de ses facultés intellectuelles, Vincent Humbert meurt le 26 septembre 2003 après avoir imploré le "droit de mourir" et secoué l'opinion. De son lit d'hôpital de Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais), cet ex-pompier avait demandé solennellement par écrit à Jacques Chirac "le droit de mourir". Le président lui avait répondu : "je ne peux vous apporter ce que vous attendez". Sa mère Marie tente d'exaucer son voeu, à la date anniversaire de l'accident, le 24 septembre 2003, injectant des barbituriques dans une de ses perfusions. Plongé dans le coma, Vincent Humbert est maintenu en vie deux jours, avant que le médecin réanimateur Dr Frédéric Chaussoy ne débranche son respirateur artificiel. Poursuivis, la mère et le médecin bénéficieront d'un non-lieu en février 2006.

Charlotte Wyatt

A sa naissance à Portsmouth, au sud de l'Angleterre, en octobre 2003 trois mois avant terme, Charlotte Wyatt ne pèse que 450 grammes et mesure 13 centimètres. Quelques mois plus tard, un premier arrêt cardiaque endommage son cerveau de manière irréversible. Dans un état végétatif, le nourrisson quasi aveugle respire grâce à un respirateur artificiel. Sa survie fait l'objet d'une intense bataille judiciaire, très médiatisée, entre les parents qui veulent obliger les médecins à la maintenir en vie et le corps médical. Après plusieurs décisions contradictoires, les juges donnent finalement raison aux parents qui plaident le droit à la vie au nom de convictions chrétiennes. En 2017, Charlotte Wyatt était toujours en vie, selon son père.

Terri Schiavo

Aux Etats-Unis, Terri Schiavo, 41 ans, dans le coma depuis 15 ans, meurt de déshydratation le 31 mars 2005, après près de deux semaines sans alimentation. Son époux, Michael, a obtenu en justice qu'elle ne soit plus maintenue en vie, contrairement aux souhaits de ses parents. Leur bataille judiciaire, fortement médiatisée, durait depuis sept ans. Terri Schiavo était dans un "état végétatif persistant" depuis un arrêt cardiaque en 1990, à l'âge de 26 ans. Après huit ans de coma, son mari avait demandé une première fois à la justice de suspendre l'alimentation de sa femme contre l'avis des parents, farouchement opposés à la fin des traitements.

Eluana Englaro

Sa mort, le 9 février 2009, a fait d'Eluana Englaro, plongée dans état végétatif depuis 17 ans, le symbole de la lutte pour le droit à mourir, dans une Italie déchirée par les questions relatives à la fin de vie.  A la demande de son père, la cour de Cassation avait autorisé en décembre 2008 la fin de l'alimentation de la jeune femme qui, avant son accident de la circulation, avait exprimé son refus de tout acharnement thérapeutique. L'Italienne de 38 ans survivra trois jours seulement à l'interruption de l'alimentation et de l'hydratation artificielle, dénoncée comme un meurtre par l'Eglise catholique. Quelques années plus tard, son histoire inspire au cinéaste Marco Bellocchio le film La Belle endormie.

Charlie Gard

Le 28 juillet 2017, à Londres, Charlie Gard, atteint d'une maladie génétique rare, meurt peu avant son premier anniversaire, après l'arrêt de la ventilation artificielle. Ses parents avaient multiplié, en vain, les recours contre la fin des traitements souhaitée par l'équipe médicale. Deux jours avant le décès, un ultime jugement a autorisé l'arrêt des traitements après l'échec d'une tentative de conciliation entre parents et hôpital.

Alfie Evans

Au terme d'une bataille judiciaire, Alfie Evans, atteint d'une maladie neurodégénérative rare, meurt le 28 avril 2018, âgé de 23 mois après l'arrêt des traitements à l'hôpital pour enfants Alder Hey de Liverpool (nord-ouest de l'Angleterre). Les parents s'opposaient à la fin des traitements. La justice britannique avait rejeté leur ultime recours demandant la poursuite des traitements en Italie où des hôpitaux se proposaient d'accueillir l'enfant.

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