Film Le soleil de trop près : plein feu sur la schizophrénie

Basile est atteint de schizophrénie paranoïde et souhaite toucher "Le soleil de trop près". Dans ce film éponyme, en salle le 28 septembre 2022, le réalisateur Brieuc Carnaille peint une fresque réaliste et touchante sur la maladie psychique.

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Basile a un rêve : mener une vie normale. Avoir un travail, gagner de l'argent, fonder une famille et, surtout, ne pas penser à sa maladie psychique. Dans son premier long-métrage, Le soleil de trop près (bande-annonce en vidéo ci-contre), en salle le 28 septembre 2022, Brieuc Carnaille nous emmène à Roubaix partager un bout de la vie de Basile, atteint de schizophrénie paranoïde, et de sa sœur cadette, Sarah, dont il est très proche. A sa sortie d'hôpital, le trentenaire retrouve du travail dans une entreprise de télémarketing et tombe amoureux d'une jeune mère célibataire, Elodie, « qui a les mêmes yeux que Johnny ». Un moment de répit heureux qui le pousse à arrêter son traitement assorti de nombreux effets secondaires incommodants (tremblements, mouvements des jambes, libido amoindrie...).

Un point de vue nuancé sur la schizophrénie

La maladie ne tarde pas à se rappeler à son « mauvais » souvenir. Le personnage, incarné avec brio par Clément Roussier, retombe bientôt dans ses anecdotes farfelues. Il marche sur un fil entre d'un côté le réel et de l'autre ses histoires fantasmatiques qui ne cessent de l'envahir. Pendant tout ce temps, Elodie, sa compagne, ne sait toujours pas l'origine de ses bizarreries. Sarah, interprétée par Marine Vacth, s'épuise à vouloir ramener son frère à la réalité. « Moi, je vous couvrirai d'or », pérore-t-il devant deux jeunes femmes interloquées, avant de promettre à sa sœur qu'il lui offrira « une grande maison ». Loin, très loin de l'image sensationnelle souvent attribuée à la psychiatrie dans le cinéma ou la littérature, le film de Brieuc Carnaille offre, au contraire, une fresque d'une heure et demie réaliste et nuancée sur la schizophrénie. Une de plus, après le téléfilm Qu'est-ce qu'on va faire de Jacques, salué par la critique, ou encore A la folie, signé Audrey Estrougo (articles en lien ci-dessous).

Une maladie méconnue, source de fantasmes

Récompensé au festival de Cabourg 2022, Brieuc Carnaille aborde la question de la médication, difficile à gérer pour les patients. La cellule familiale y est aussi centrale. On y découvre Sarah, partagée entre l'incompréhension, la colère, la fatigue chronique et l'amour indéfectible pour son grand frère. Enfin, Le soleil de trop près nous embarque dans le grand-huit des émotions ressenties par les malades : les hallucinations, la paranoïa, les idées délirantes, les confusions cognitives et les périodes asymptomatiques des patients sur le chemin du rétablissement. « Je voulais donner à comprendre que ces hallucinations sont réelles pour Basile et fictives pour le spectateur. Or, cette maladie, par rapport à d'autres, reste non seulement méconnue, mais aussi source de fantasmes », indique le réalisateur. Dans ce film, rien n'est tabou : ni le mot « schizophrénie », prononcé tardivement par le personnage principal, ni les grammages de médicaments ou la confrontation avec le médecin. C'est juste la réalité de la maladie, filmée avec justesse.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"

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