Film Nos folies ordinaires: 4 jeunes, 4 trajectoires en psy

Les documentaires sur la psychiatrie se font de plus en plus nombreux. "Nos folies ordinaires" donne la parole à quatre jeunes avec des troubles psychiques. Un film sans tabou à voir en replay sur France 2 jusqu'au 30 juillet 2023.

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Ils s'appellent Hana, Maximilien, Arnaud et Imelda. Ils font partie de ces trois millions de Français atteints d'un trouble psychique dit « sévère ». Schizophrénie, bipolarité, trouble borderline, dépression grave font partie de leur quotidien. Mais, derrière ces chiffres et noms de maladies qui attisent la peur et les préjugés, qui sont ces quatre jeunes qui parlent à visage découvert ? France 2 leur consacre un documentaire pour son émission Infrarouge, disponible en replay jusqu'au 30 juillet 2023. Durant un peu moins d'une heure, Nos folies ordinaires raconte leur réalité, des premières manifestations de la maladie à la prise d'un traitement en passant par le diagnostic, le rapport aux autres, l'entrée dans la vie active et le long parcours vers le rétablissement.

« Dormir, prendre ses médicaments, dormir »

Bien qu'il soit invisible, leur handicap cache de nombreuses souffrances impalpables : « Une personne normale qui ne souffre pas de trouble psy, c'est une personne qui ne se lève pas le matin en se disant : 'Je vais mourir' », explique posément Imelda, diagnostiquée en 2017 d'un trouble de la personnalité borderline. Une maladie qui se caractérise par un « sentiment de vide chronique, d'insatisfaction et de manque permanent, l'impression d'être différente des autres », explique la jeune femme âgée de 32 ans. La trentenaire a dû mettre sa carrière de professeur d'anglais entre parenthèses pour pouvoir se soigner. Le résumé de ses journées : « Dormir, prendre ses médicaments, dormir ».

Discrimination à l'embauche

Pour Maximilien, les premiers signes de la schizophrénie sont arrivés bien plus tôt, dès le collège. Des voix apparaissent alors dans sa tête, des hallucinations visuelles aussi. « J'avais peur de moi-même », rapporte le jeune homme aujourd'hui âgé de 29 ans. Désormais stabilisé avec un traitement, Maximilien n'en demeure pas moins confronté à d'éternelles difficultés. Sans emploi et domicilié chez ses parents, il essuie de nombreux refus après ses différents entretiens d'embauche. Evoquer ou non sa reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) à son futur employeur ? Telle est la question. Pourtant, il doit pouvoir justifier à un moment ou un autre ses comportements « bizarres » ou décalés : « Ça m'est déjà arrivé de voir du sang sur l'écran de mon poste de travail, lorsque j'étais hôte de caisse ou d'entendre une voix qui me faisait sourire. Comment expliquer cela à l'entreprise ? ».

La philosophie de l'acceptation

Aujourd'hui, le jeune homme est parvenu à décrocher le job de ses rêves : il est médiateur de santé-pair et accompagne des patients atteints du même trouble psychique. Intervenant régulier à La maison perchée, à Paris, une association qui vient en aide aux jeunes avec des troubles psychiques, il y a rencontré Hana. Psychologue au sein de cette structure, la jeune femme porte elle aussi un bagage de patiente, diagnostiquée bipolaire. Si les hospitalisations à Sainte-Anne (Paris) sont loin derrière elle, la jeune femme y revient régulièrement pour renouveler son traitement et rencontrer son psychiatre, qui la rassure : « La maladie ne vous caractérise pas, c'est une variable qui ne doit pas vous empêcher de mener vos projets ». Hana adopte désormais la philosophie de l'acceptation : « Il ne faut jamais faire le deuil de cette part de folie que l'on a en nous mais plutôt l'accueillir ». La maladie psychique n'est donc pas une fatalité. Un point de vue que partage Arnaud, longtemps en errance diagnostique, qui peut désormais poser le terme : « état limite dépressif » sur son mal-être. « Il n'y a pas de drame, c'est ce que je suis, c'est ce que je vis », admet le jeune homme.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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