Give me liberty : film sur le handicap qui prend aux tripes

Dans "Give me liberty", le spectateur est plongé dans le quotidien de Vic, un jeune américain qui transporte des personnes handicapées. Un film à la fois déjanté et bouleversant qui tord le cou aux idées reçues. En salle le 24 juillet 2019 !

23 juillet 2019 • Par

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Vic, malchanceux jeune américain d'origine russe, conduit un minibus pour personnes handicapées à Milwaukee (Etats-Unis). Alors que des manifestations éclatent dans la ville, il est déjà très en retard et sur le point d'être licencié. A contrecœur, il accepte de conduire son grand-père sénile et ses vieux amis russes à des funérailles. En chemin, Vic s'arrête dans un quartier afro-américain pour récupérer Tracy, une jeune femme atteinte de la maladie de Charcot (article en lien ci-dessous). Sa journée devient alors joyeusement incontrôlable... Inspiré par les expériences de sa propre jeunesse, le réalisateur Kirill Mikhanovsky livre une comédie touchante et vivifiante à consommer sans modération ! Give me liberty sort en salle le 24 juillet 2019.

Aussi loufoque que touchant

Les spectateurs sont plongés dans le quotidien de Victor, un jeune homme attendrissant interprété par un acteur charismatique, Chris Galust. Entre son grand-père qui fracasse un poulet avec une haltère avant d'enfumer tout l'immeuble en le mettant au four, une bande de seniors qui entonnent des chants russes à longueur de journée et se volatilisent en moins de deux, des clients handicapés mécontents de partager leur minibus et un ami obsédé par la nourriture et les femmes qui ne jure que par Mike Tyson... pas le temps de s'ennuyer ! Téméraire, Vic est plein de ressources et tente de trouver des solutions pour satisfaire chacun des membres de sa joyeuse troupe. « Le vrai point de départ, c'est le boulot de conducteur de véhicule sanitaire que j'exerçais dans les années 90, révèle le réalisateur. Ce job donnait lieu à pas mal d'anecdotes touchantes et épatantes. » Trente ans plus tard, le résultat est bluffant : 1h51 de rire, de larmes, d'inattendu, de frissons... Des scènes complètement déjantées et cocasses aux moments de poésie, les spectateurs passent par toutes les émotions. Une recette détonante qui a conquis le public des festivals de Sundance et de Cannes. Pour preuve, une standing ovation de 10 minutes, rien que ça !

Interprétation percutante et réaliste

Le secret d'un film à la fois authentique et ubuesque ? Un jeu d'acteur réaliste et percutant. Lauren Spencer, qui incarne Tracy, n'est pas seulement en fauteuil dans la fiction. « On voulait travailler avec des gens qui sont vraiment handicapés parce qu'on tenait à parler du handicap avec respect et authenticité », explique Kirill Mikhanovsky. Quant à Chris Galust, il n'avait jamais pris de cours de théâtre. « C'était une expérience assez dure pour lui parce qu'on a non seulement jeté ce garçon à l'eau mais on lui a demandé de nager plus vite que les autres ! », poursuit-il. « Quand on s'est attelé à l'écriture de Give me liberty, on savait qu'on voulait qu'il palpite, qu'il semble viscéral, qu'il soit authentique sans la moindre concession. En procédant de cette manière, on se créait évidemment tout un ensemble de difficultés puisqu'on allait travailler avec un groupe d'octogénaires non anglophones, avec des personnes handicapées, des non professionnels d'origines ethniques diverses... Il fallait penser aux questions liées aux visas, aux déplacements, aux disponibilités des uns et des autres, etc. » Résultat, le film donne l'illusion d'un « chaos maîtrisé ».

Plein d'amour

C'est aussi un long-métrage optimiste et rempli d'amour. « Ça me fait de la peine d'être tétraplégique mais j'aime la vie, j'aime tout de la vie !, exprime l'un des personnages. L'amour est plus fort que tout » Tandis qu'un autre, aveugle et obèse, touche l'amour du bout des doigts... « J'ai rencontré une femme, c'est une bombe ! Je le sais car j'ai touché ses lèvres... » Il montre aussi des personnes avec un handicap intellectuel qui travaillent, se donnent en spectacle et chantent à tue-tête lors d'un concours de chant. Le genre de film qui prend aux tripes et montre le handicap sous un angle bienveillant, drôle et touchant, loin du pathos auquel il est souvent assimilé, à tort. Morale de l'histoire ? « La meilleure façon de prédire l'avenir est de l'inventer », conclut un troisième personnage. Un adage inspirant qui pousse Vic à prendre son destin en main...

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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