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Handicap : les coûts oubliés de la réforme des retraites

Calibré pour éponger les futurs déficits du système de retraite, le report de 2 ans aura des effets sur d'autres dépenses sociales, comme l'AAH qui connaît un surcroît de bénéficiaires. Ces coûts collatéraux ne figurent pas dans le projet de loi.

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Par Gabriel Bourovitch

Creuser un trou en en rebouchant un autre : la réforme des retraites censée équilibrer les comptes à l'horizon 2030 risque de grever ceux de l'assurance chômage et de l'assurance maladie, mais aussi ceux de l'Etat. Le relèvement de l'âge légal de départ, de 62 ans à 64 ans en 2030, doit pourtant rapporter près de 18 milliards d'euros d'après l'exécutif. Assez pour assurer l'équilibre financier à la fin de la décennie, même en consacrant un tiers de la somme à des "mesures d'accompagnement", notamment la revalorisation des petites pensions. Mais "quand on repousse l'âge de la retraite (...) ça provoque des dépenses ailleurs", a rappelé Pierre-Louis Bras, président du Conseil d'orientation des retraites (COR), lors d'une audition à l'Assemblée nationale la semaine dernière.

Départ pour invalidité à 62 ans

Le COR s'était justement penché sur le sujet début 2022, concluant à un surcoût global de l'ordre d'un tiers des gains générés. Une proportion qui "n'est plus valide" aujourd'hui, a-t-il précisé, car la réforme actuelle ne touche pas au départ à 62 ans pour invalidité. En poussant le curseur à 64 ans, il aurait en effet fallu dépenser au moins 1,8 milliard de plus en pensions d'invalidité, principalement au frais de l'Assurance maladie, d'après les calculs de la Drees.

Surcroît de bénéficiaires des prestations sociales

Si ce contrecoup a été évité, le service statistique des ministères sociaux en a chiffré d'autres, à commencer par l'augmentation attendue des arrêts maladie chez les salariés de plus de 60 ans, pour près d'un milliard d'euros. Un montant qui n'apparaît pas dans le projet de loi présenté par le gouvernement, ni dans ses études d'impact. Pas plus d'ailleurs que le surcroît de bénéficiaires des "prestations de solidarité", évalué à plus de 800 millions d'euros, dont un demi-milliard pour l'Allocation adulte handicapé (AAH) et 150 millions pour le Revenu de solidarité active (RSA), tous deux à la charge de l'Etat. S'y ajoutent 170 millions pour l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) versée par Pôle emploi aux chômeurs en fin de droits.

Dépenses d'aide au retour à l'emploi en hausse

Pour les demandeurs d'emploi indemnisés, la Dares -dépendant du ministère du Travail- a conclu dans une autre étude que le "décalage" de deux ans de l'âge légal "augmenterait les dépenses d'aide au retour à l'emploi (ARE) de 1,3 milliard d'euros". Un résultat lié à un "effet de persistance" constaté après le passage de 60 à 62 ans : ceux qui sont déjà au chômage ont tendance à y rester "plus longtemps alors qu'ils auraient pu basculer à la retraite en l'absence de réforme". Cela vaut toutefois aussi pour ceux qui travaillent, si bien que ce montant serait atténué par "l'augmentation du taux d'emploi des 62-64 ans", qui ferait rentrer davantage de cotisations. En fin de compte, "l'impact financier net serait moins défavorable", souligne la Dares.

Diminuer le déficit public de 5 % à moins de 3 %

Réalisée à taux de chômage constant, cette prévision diffère du projet de l'exécutif, qui fait le pari audacieux du "plein emploi", soit 4,5 % de la population active à la fin du quinquennat contre plus de 7 % actuellement. Ce qui règlerait radicalement le problème comptable. Plus largement, la réforme des retraites doit aussi permettre de dégager des moyens budgétaires. Le gouvernement ne cache pas en attendre "des recettes fiscales et sociales plus fortes", afin de ramener le déficit public de 5 % à moins de 3 % d'ici 2027. Des "marges de manœuvre" évoquées depuis la campagne présidentielle, qui serviront peut-être en partie à combler les trous creusés par la réforme.

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