Handicap : en Guyane, l'Etat tente de combler son retard

En visite de trois jours en Guyane du 16 au 18 mars 2023, la ministre déléguée aux Personnes handicapées, Geneviève Darrieussecq, a signé un plan pour améliorer le repérage, le diagnostic et l'accompagnement des personnes handicapées.

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En 2019, l'Agence régionale de santé (ARS) de Guyane révélait que le département d'outre-mer connaissait une sous-déclaration « très importante » des situations de handicap, « en particulier dans les communes de l'intérieur ». Une situation globalement répandue dans les territoires ultramarins qui apparaissent encore en marge des politiques publiques en matière de handicap. En témoigne le peu d'études sur le sujet... Pour rattraper ce retard, des mesures viennent (enfin) d'être adoptées.

En visite sur place

La ministre déléguée aux Personnes handicapées, Geneviève Darrieussecq, s'est rendue en Guyane du 16 au 18 mars 2023. Elle y a notamment visité l'Institut d'éducation motrice (IEM) de Roura, l'association de kitesurf adapté « Guya Kite » ou encore l'entreprise adaptée « Yépi Chwit ». A l'issue de ce déplacement, la ministre et le président de la Collectivité territoriale, Gabriel Serville, ont signé un « plan de développement accéléré pour la Guyane », intitulé « Agir ensemble pour une société plus inclusive ». L'objectif ? « Apporter des réponses ambitieuses aux difficultés de prises en charge et d'accompagnement des personnes en situation de handicap dans le territoire », affirme le ministère. Or « la sociologie guyanaise impose de prendre en compte l'accueil et l'accompagnement des personnes handicapées de façon différente de ce qui se pratique dans l'Hexagone où les liens sociaux et notamment intergénérationnels sont autres », insiste Gabriel Serville.

9 objectifs, du diagnostic à l'accompagnement adapté

Ce « protocole d'accord » fixe neuf objectifs. A commencer par l'amélioration du repérage et de l'accompagnement des personnes en situation de handicap, notamment dans les territoires de l'intérieur. L'Etat s'engage également à mettre en œuvre les priorités définies par la Stratégie interministérielle de prévention des risques liés aux métaux lourds. « En Guyane, l'imprégnation au plomb ou au mercure se retrouve sur tout le territoire », prévient l'ARS. Une étude de 2018 intitulée « Guyaplomb » révélait que 20 % des enfants guyanais âgés de un à six ans étaient atteints de saturnisme (intoxication au plomb) contre 1,50 % dans le reste de la métropole.

Des relais territoriaux 

Autres objectifs : « poursuivre la transformation de l'offre des établissements pour enfants et notamment l'externalisation des unités d'enseignement en écoles, collèges et lycées » ; « renforcer l'habitat inclusif et développer l'aide à la vie partagée (AVP) » ; « favoriser l'accès aux droits ; organiser un accès de proximité à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) à travers des relais dédiés » ; « conforter et développer l'offre médico-sociale » ; « favoriser l'accès à l'emploi des personnes en situation de handicap grâce à des solutions sur mesure » ; « renforcer l'accès à l'apprentissage et sécuriser durablement l'emploi, notamment par le développement de plateformes d'accompagnement » ; « créer des solutions nouvelles relevant de l'emploi protégé, par dérogation au moratoire national, dans le cadre du plan de transformation des établissements et services d'aide par le travail (ESAT) » et « renforcer l'attractivité des métiers du champ social, médico-social et sanitaire, notamment par des campagnes d'informations dédiées auprès des publics concernés (jeunes, personnes en recherche d'emploi, adultes en reconversion) ».

Un million d'euros dès 2023

Une fois ce cap fixé, le protocole d'accord doit « déboucher sur des actions concrètes, au plus tard d'ici décembre 2023 », annonce le gouvernement. « Sans attendre », il met sur la table des crédits définis comme « exceptionnels », soit un million d'euros pour initier le repérage, le diagnostic et l'accompagnement des enfants. Pour mettre en œuvre ce plan d'action, un comité de pilotage, composé des services de l'État, de l'ARS, du rectorat, de la Collectivité territoriale de Guyane, de la MDPH et du Conseil territorial de la citoyenneté et de l'autonomie (CTCA) sera mis en place. La Conférence nationale du handicap, prévue tous les trois ans par la loi du 11 février 2005 (la prochaine se tiendra au printemps 2023), doit permettre de faire un point d'étape sur ces avancées. « Ce plan de développement entend amplifier et sécuriser la dynamique engagée grâce à une méthode et un cap clair. Pour y arriver, nous associerons étroitement les personnes directement concernées ainsi que leur famille », a déclaré Geneviève Darrieussecq, qui, après La Réunion en décembre 2022, signe son deuxième « plan de développement accéléré » (Lire : La Réunion : l'Etat annonce des moyens pour le handicap ) dans les ultra-marins. Un signal positif envoyé à ces territoires ?  

© Twitter Geneviève Darrieussecq

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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