Imposture : le Beethoven japonais n'était pas sourd

Un peu plus d'un an après l'annonce de la supercherie, en février 2014, l'histoire de Mamoru Samuragochi sera adaptée dans un documentaire. Déclaré sourd, celui qui était surnommé le "Beethoven japonais" a trompé son monde durant près de 20 ans

23 mai 2015 • Par Handicap.fr / Kévin Murgue

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Mamoru Samuragochi n'a visiblement aucun scrupule. Alors qu'il a avoué devant la presse, le 5 février 2014, avoir menti sur sa surdité affirmée et s'être approprié la plupart de ses œuvres, l'ex-« Beethoven japonais » est actuellement en tournage, selon les médias nippons. Non, le supposé prodige des années 2000 ne s'est pas reconverti dans une nouvelle carrière d'acteur. S'il fait son retour sous le feu des projecteurs, c'est dans le cadre d'un documentaire dédié à son parcours, dirigé par le célèbre réalisateur Tatsuya Mori. Une histoire qui avait tout d'un conte de fées lorsqu'à 35 ans Mamoru déclare être atteint de surdité avant de manifester un autodidactisme impressionnant en composant de nombreux morceaux tout en n'ayant jamais fait le conservatoire. La comparaison avec Beethoven s'impose. Pourtant, 20 ans plus tard, le mythe s'effondre.

Un professeur comme nègre

Takashi Niigaki, professeur dans une école de musique tokyoïte, menace de révéler la vérité sur les petits secrets de Mamoru Samuragochi. Sous pression, ce dernier prend les devants et admet la supercherie devant la presse japonaise. Non seulement il n'est que partiellement sourd mais il a surtout menti sur l'identité du véritable auteur de ses morceaux phares. Parmi eux, la Symphonie Hiroshima, que le public rebaptisera la Symphonie de l'espoir, créée à la suite du tsunami qui a dévasté plusieurs régions du Japon en mars 2011. Son CD s'était alors vendu à 180 000 exemplaires, un exploit rarissime pour ce pays. Samuragochi a révélé que son compositeur était en fait… Takashi Niigaki, avec qui il « collaborait » depuis ses grands débuts. Pire, il s'est avéré que le nègre avait réalisé la plupart de ses morceaux. « J'ai commencé à utiliser quelqu'un pour composer à ma place vers 1996, lorsqu'on m'a commandé une musique de film pour la première fois, avait expliqué l'imposteur. Cette personne m'a aidé pour plus de la moitié de cette bande originale. » Pour « son » documentaire, le prodige déchu saura certainement confirmer une nouvelle (dernière ?) fois ses talents d'acteur.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Kevin Murgue, journaliste stagiaire Handicap.fr"

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