53 départements n'ont pas réglé la totalité des sommes promises pour financer la prime Ségur du personnel des associations du secteur sanitaire et social, selon la confédération patronale Axess, qui représente ces structures à but non lucratif totalisant 730 000 salariés. Au total, les montants non encore versés par les départements « s'élèvent à environ 156,4 millions d'euros pour 2024 et 47,9 millions pour 2025 », selon Axess.
12 mauvais payeurs en Auvergne-Rhône-Alpes
Les associations et fondations couvertes par cette confédération sont actives dans l'aide et l'accueil de personnes handicapées, la protection de l'enfance, l'hébergement et la réinsertion sociale, les Ehpad, etc. Parmi elles, par exemple, la Croix Rouge.
Selon Axess, 41 départements n'ont que partiellement payé leur dû pour 2025, et 12 n'ont rien payé du tout. Les douze départements qui n'ont rien versé pour 2025 se trouvent surtout en Auvergne-Rhône-Alpes (Allier, Loire, Haute-Loire, Cantal, Ardèche, Drôme, Ain), auxquels viennent s'ajouter les Deux-Sèvres, l'Eure, la Meuse et le Territoire de Belfort. Pour 2024, les mauvais payeurs sont bien plus nombreux, puisque seuls 14 départements ont entièrement payé leur dû, selon la cartographie publiée par Axess.
Des conséquences financières « dramatiques »
Le non-versement des financements promis « a des conséquences dramatiques, obligeant certaines associations à avancer des fonds et menaçant ainsi leur viabilité financière. Un tiers des gestionnaires d'établissements déclare déjà être en situation de déficit chronique », a indiqué Axess.
Un dispositif pourtant financé par l'État
Lancé en 2020 après la crise sanitaire du Covid, le Ségur de la santé a permis de revaloriser les salaires des soignants. L'accord a ensuite été étendu en 2024 au secteur sanitaire et social non lucratif, avec l'octroi d'une prime mensuelle de 183 euros net à l'ensemble des professionnels et employés du secteur.
Le non-paiement des sommes dues par les départements est d'autant plus injustifié que l'État leur a versé 50 % de celles-ci en 2025, et a « sanctuarisé » cette participation pour l'avenir dans le budget de la Sécurité sociale, a indiqué Axess.
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