300 manifestants réclament des moyens pour la psychiatrie

Des soins "plus humains" dans les hôpitaux psychiatriques, c'est ce que réclament les patients et leurs proches lors d'une manifestation, à Paris, le 22 janvier 2019. Plusieurs organisations et professionnels de santé ont rejoint le mouvement.

22 janvier 2019 • Par

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Quelque 300 infirmiers, médecins ou proches de malades se sont rassemblés mardi 22 janvier 2019, à Paris, pour réclamer davantage d'effectifs pour une "psychiatrie plus humaniste" et dénoncer "l'austérité budgétaire qui vide", selon eux, "le soin de son sens".

Du laisser aller dans les hôpitaux ?

Les manifestants, rassemblés place de la République, sous la neige, répondaient à l'appel de plusieurs collectifs dans des hôpitaux psychiatriques qui se sont mobilisés ces derniers mois - à Amiens, Rouen ou encore Paris -, de syndicats du secteur (SPH, USP) ou encore de la CGT et SUD. Ils demandent "les moyens d'accueillir et soigner dignement les patients", d'aider les familles "qui ont le sentiment d'être abandonnées", et dénoncent le recours abusif, faute d'effectif, à l'isolement et à la contention des malades. Munis de banderoles proclamant "Hôpital en sous France", ou "De l'écoute et pas que des gouttes", ils ont ensuite défilé en direction de l'Assemblée nationale.

Les familles sollicitées

Selon Eric dos Santos, représentant CGT et infirmier dans les Vosges, venu manifester à Paris, les sous-effectifs dans les hôpitaux psychiatriques ont des conséquences "dramatiques". "Les patients qui viennent pour une écoute, pour diminuer leurs angoisses, ne peuvent plus être entendus parce que les infirmiers, pas assez nombreux, ont plein d'autres tâches", a-t-il expliqué. Du fait de la "réduction du nombre de lits" et du "manque de professionnels", la prise en charge des malades s'est dégradée au fil des ans et est de plus en plus "transférée aux familles", a témoigné de son côté Maryvonne Gourdin, de l'Unafam (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques). Comme de nombreux aidants, elle a donc dû accompagner sa sœur schizophrène, récemment décédée. Autre grief mis en avant selon elle, "le manque de formation"des professionnels.

Des mesures attendues

En réaction, Agnès Buzyn, a indiqué lors d'une conférence de presse, ce même mardi 22 janvier, qu'elle annoncerait jeudi le "renforcement de certaines mesures" récentes en faveur du secteur. La ministre de la Santé avait présenté, en juin, une feuille de route sur la santé mentale, qui avait déçu les professionnels, avant d'annoncer, en décembre, une rallonge de 50 millions d'euros (article en lien ci-dessous), "une paille" selon l'USP (Union syndicale de la psychiatrie).

Encore des efforts à produire

Dans un communiqué publié le 22 janvier, la CGT a réclamé une "formation spécialisée" pour les soignants du secteur. La mise en place d'infirmiers en pratiques avancées (c'est-à-dire aux compétences élargies) en psychiatrie, mesure vantée par la ministre dans son plan santé, risque "d'accélérer le transfert de compétences sans répondre aux besoins", a estimé la CGT, qui a boycotté mardi une réunion organisée sur ce thème à l'initiative de la Direction générale de l'offre de soins (DGOS). Une cinquantaine de psychiatres et d'infirmiers soutenant la manifestation parisienne ont par ailleurs appelé à "un renouveau des soins psychiques" et dénoncé "l'appauvrissement des relations au sein des lieux de soins", dans un "manifeste pour un printemps de la psychiatrie" publié mardi dans le quotidien L'Humanité.     

© Twitter la_chouet

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