Risque suicidaire : l'urgence chez les adolescentes

Les hospitalisations pour tentatives de suicide et automutilations ont continué d'exploser chez les adolescentes et jeunes femmes en 2025 selon la Drees. Un signal d'alarme pour la santé mentale, le handicap psychique et les jeunes en général.

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Une adolescente déprimée devant sa fenêtre

« Une crise majeure et silencieuse. » Les mots employés par les professionnels de santé mentale traduisent l'ampleur du phénomène. Selon les dernières données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), le mal-être des jeunes et notamment des jeunes filles ne faiblit pas. La hausse des hospitalisations pour gestes auto-infligés (tentatives de suicide, scarifications, brûlures ou automutilations) se poursuit chez les adolescentes et jeunes femmes en France.

Le phénomène touche particulièrement les très jeunes filles. Entre 2023 et 2024, les hospitalisations ont bondi de 22 % chez les 10-14 ans et de 14 % chez les 15-19 ans. Les femmes de 20 à 29 ans restent, elles aussi, fortement concernées. Au total, près de 82 000 personnes âgées de plus de 10 ans ont été hospitalisées pour un geste auto-infligé en 2024, dont 64 % de femmes. « L'augmentation globale des hospitalisations est très largement attribuable aux adolescentes et aux jeunes femmes de moins de 30 ans », alerte la Drees.

Santé mentale, handicap et réseaux sociaux : un cocktail explosif

Derrière ces chiffres, les psychiatres évoquent une accumulation de fragilités : anxiété, dépression, isolement, cyberharcèlement, troubles du neurodéveloppement ou encore handicap psychique insuffisamment repéré. « Les symptômes anxieux ou dépressifs » progressent fortement chez les jeunes, rappelle également l'Éducation nationale dans ses travaux sur la santé mentale des élèves.

Les jeunes femmes apparaissent particulièrement vulnérables. Les spécialistes pointent des violences sexistes en ligne, la pression sociale permanente et l'exposition massive aux réseaux sociaux. La Drees souligne que cette dégradation de la santé mentale pourrait être liée à des « agressions spécifiques à cette population ».

Tentatives de suicide : un enjeu majeur pour les jeunes handicapés

Cette hausse continue interroge directement les politiques publiques du handicap et de la psychiatrie. Associations, familles et professionnels alertent sur le manque criant de pédopsychiatres, de places d'hospitalisation et d'accompagnement médico-social pour les adolescents vivant avec des troubles psychiques.

Alors que la santé mentale a été déclarée grande cause nationale, les acteurs du handicap réclament des réponses concrètes : prévention du suicide, accès rapide aux soins, accompagnement des jeunes en situation de handicap psychique et meilleure prise en charge des troubles psychiatriques émergents, dans un contexte de crise majeure de la psychiatrie et de saturation des centres médico-psychologiques (CMP) (Santé mentale, Grande Cause : du symbole aux actes en 2026 ?). Car derrière les statistiques, ce sont des milliers d'adolescents et surtout d'adolescentes en souffrance qui tentent d'alerter. 

© Africa images / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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