Covid : un "chèque-psy" face à la détresse des étudiants

Victimes collatérales du Covid, 7 étudiants sur 10 sont inquiets pour leur santé mentale. Face à ce constat, le gouvernement annonce la création, le 1er février 2021, d'un chèque-psy pour leur permettre de consulter sans avance de frais.

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Le 15 janvier 2021, le gouvernement annonce la création d'un « chèque-psy », qui permettrait aux étudiants de consulter des psychologues en ville, conventionnés, sans avance de frais. Il couvrirait trois consultations pour un montant total de 96 euros. Selon l'Elysée, il devrait être proposé dès le 1er février 2021. « Lorsqu'un mal-être s'installe, il ne doit y avoir aucun tabou à tirer la sonnette d'alarme », a twitté Emmanuel Macron.

7 étudiants sur 10 inquiets

Si la pandémie touche les personnes les plus vulnérables, elle fragilise aussi les autres catégories de population. La détresse psychique est l'une des conséquences majeures de la crise sanitaire actuelle qui, après s'être attaquée aux corps, s'empare des esprits, notamment ceux des étudiants. L'année 2020 ne les a pas épargnés. Confinement, cours en distanciel, relations sociales limitées, activités sportives restreintes… notre jeunesse cumule les facteurs de stress et d'inquiétude. Selon une étude Fondation Ramsay Santé parue en novembre 2020, les 15-25 ans s'accordent massivement pour dire que la crise sanitaire a aggravé la fragilité́ mentale de leur génération. Constat partagé par une enquête du Figaro (décembre 2020) : sept étudiants sur dix se disent inquiets pour leur santé mentale, tandis qu'un sur trois présente des signes de détresse psychologique selon l'Observatoire de la vie étudiante.

Des réponses concrètes du gouvernement

Selon EELV et les Jeunes Ecologistes, la jeunesse fait partie « des victimes indirectes largement oubliées » ; elle alerte donc le gouvernement et réclame des réponses rapides et concrètes pour prévenir la montée de la précarité et des risques psycho-sociaux qui pèsent sur ce public. Le hashtag « #étudiantsfantômes » a d'ailleurs récemment fait son apparition sur les réseaux sociaux. Le 20 janvier 2021, les jeunes sont appelés à descendre dans la rue. Sur une pancarte, est écrit : « Un an que je suis seul face à moi-même ». Le lendemain, Emmanuel Macron se presse à leur chevet, lors d'une rencontre en petit comité. L'annonce de la reprise des travaux dirigés en demi-groupe à partir du 25 janvier pour les étudiants de première année ne suffit pas à les rassurer... Le chef de l'Etat dit souhaiter le retour sur les bancs un jour par semaine mais prévient qu'aucun « retour à la normale ne peut être envisageable au deuxième semestre ». Le malaise risque de s'installer, avec des effets délétères non négligeables à moyen et long termes.

Covid, activateur de troubles psy ?

Les manifestations de ce mal-être sont multiples : stress, tristesse, solitude, idées noires, difficultés à travailler ou à trouver le sommeil… C'est entre 12 et 25 ans que naissent certaines pathologies lourdes, parfois invalidantes ; 75% des troubles psychiques débutent avant l'âge de 18 ans. Une intervention précoce durant cette période peut être décisive. Sans compter que la Covid-19 pourrait être facteur et déclencheur de maladies mentales (article en lien ci-dessous), une étude italienne mettant en évidence un grand nombre de cas de dépression et de troubles anxieux plusieurs mois après l'infection. Mais comment réagir et à qui s'adresser en cas de questions du jeune ou de sa famille ? Selon l'étude Ramsay, seul un jeune sur cinq déclare connaître des associations qui pourraient lui apporter de l'aide en cas de détresse. Et quand bien même ? Les services de santé destinés aux étudiants sont saturés et se disent démunis face à la recrudescence des demandes. Un récent rapport de l'association Nightline (novembre 2020) souligne notamment le manque de psychologues universitaires en France : un seul pour 30 000 étudiants. Contre un pour 1 500 aux Etats-Unis ou un pour 3 000 au Canada.

Quelles aides ?

Pour leur venir en aide, les initiatives se multiplient, nationales ou locales, à l'initiative du gouvernement ou d'associations, y compris au sein des universités ou grandes écoles. Deux exemples ? A la Clinique FSEF des 4 Cantons de Villeneuve-d'Ascq (59), c'est un relais lycéens/étudiants qui se met en place. La fondation Fondamental, avec le soutien de la Région, met, quant à elle, à disposition jusqu'au mois de juin 2021, la plateforme Ecoute Etudiants Ile-de-France. Gratuite et anonyme, accessible depuis un ordinateur ou un smartphone, elle aide les étudiants qui éprouvent des difficultés psychologiques liées à la Covid. Elle propose de nombreux conseils et informations mais aussi des exercices pratiques à réaliser chez soi : gestion des pensées et des émotions, relaxation, cohérence cardiaque ou méditation. Cette plateforme offre surtout la possibilité de bénéficier d'une à trois téléconsultations gratuites avec un panel de 150 psychologues formés pour répondre aux détresses immédiates et prévenir des troubles dépressifs qui pourraient découler du confinement. 40 000 consultations vont ainsi être proposées. La France compte… 2,7 millions d'étudiants !

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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