Place stationnement handicapé : mais que fait la police ?

Une place de stationnement handicapé indument occupée sur une aire d'autoroute. Une compagnie de CRS qui n'intervient pas. Un témoin excédé. Quelle démarche pour verbaliser ce type d'incivilité, notamment sur le réseau autoroutier ?

14 septembre 2014 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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Le 9 août 2014, 15h30, sur une aire d'autoroute de l'A1 de retour de Belgique. Cécile constate que deux voitures sont stationnées sur des places réservées aux personnes handicapées alors qu'elles ne possèdent visiblement pas la carte de stationnement obligatoire. Deux véhicules de la Police nationale, en l'occurrence un escadron de CRS, sont présents ; Cécile leur mentionne cette incivilité. L'un d'entre eux lui répond que cela doit en effet donner lieu à une verbalisation. Cécile lui demande alors ce qu'il compte faire. Sa réponse : « Rien, ce n'est pas notre travail ! ». Elle s'étonne : « Sachant que les compagnies républicaines de sécurité ont un quadruple impératif de professionnalisme, de disponibilité, de mobilité et d'adaptabilité, nous nous interrogeons sur le fait que si les contrevenants ne sont pas verbalisés pour ce types d'infractions, alors que des policiers la constatent, rien ne les poussera à modifier leur comportement ! A qui, si ce n'est à la Police nationale, devons-nous nous adresser pour que le stationnement réservé aux personnes handicapées soit enfin respecté ? ».

Police ou gendarmerie !

Telle est la question ! Même si on peut comprendre l'agacement de la jeune femme, il apparait que cette compagnie de CRS était sur cette aire de repos en transit et n'avait donc pas de légitimité pour intervenir puisqu'elle n'était ni missionnée pour cela ni sur sa zone d'affectation. En aparté : serait-ce également le cas si elle était témoin d'un acte violent ? Quoi qu'il en soit, la verbalisation d'un stationnement abusif sur une aire d'autoroute relève de la responsabilité de la Police nationale affectée à cette mission (et non municipale comme en ville !) ou, principalement, de la gendarmerie qui, en France, a la charge de surveiller la majeure partie du réseau routier et autoroutier. Les pelotons d'autoroute (PA) sont des unités prioritairement dédiées à l'exécution des missions de police sur ces axes. Leur compétence territoriale peut s'étendre sur le ruban autoroutier qu'ils surveillent, au-delà des limites de leur département. Leurs moyens sont adaptés de façon à disposer d'une capacité permanente d'intervention sur l'autoroute. La verbalisation d'un stationnement abusif relève donc de leur compétence. Mais encore faut-il qu'ils soient présents au bon moment !

Contacter le gestionnaire de l'aire

Si ce n'est pas le cas, les sociétés concessionnaires d'autoroute recommandent donc, dans le cas cité, de se rapprocher du gestionnaire de l'aire de service qui peut décider de faire intervenir la gendarmerie (en zone rurale) ou la police nationale (implantée à proximité des grandes villes). A la SANEF, qui gère l'A1, on nous assure que des patrouilles régulières permettent de sanctionner les contrevenants. « Les responsables des aires sollicitent souvent les forces de l'ordre pour des vols ou des bagarres, qui se montrent toujours très réactives ! ». Même pour un stationnement ? De l'aveu d'un agent d'une autre société concessionnaire : « Quand il n'y a pas d'urgence, ça peut en effet prendre un peu de temps ! Certains de ces pelotons ont été redéployés sur tout le département, affectés également à d'autres missions. Alors se déplacer pour une voiture mal garée… D'autant qu'il y a toutes les chances que le véhicule soit reparti avant qu'ils n'arrivent ? ».

Un numéro unique chez Vinci

Vinci a, de son côté, mis en place un numéro unique, le 3605, qui permet d'alerter une plateforme qui fait remonter l'info auprès des forces de l'ordre. Charge à elles ensuite de décider si elles interviennent ou pas ! Bref, que l'on soit sur autoroute ou pas, ce type d'incivilité est malheureusement monnaie courante mais l'isolement relatif de ces aires laisse penser que les contrevenants ont peu de chance d'être épinglés ! Quant à prendre une photo comme le suggérait également Cécile dans son témoignage, cela n'a aucune valeur légale…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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