La surdité, qu'est-ce que c'est ?

Si, dans le langage courant, la surdité traduit une perte totale de l'ouïe, au sens médical, il s'agit d'une perte totale ou partielle de l'audition. On distingue différents types de surdités selon le niveau d'atteinte du système auditif.

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Écorché d'une oreille

Définir la surdité

De manière générale, la surdité désigne une perte partielle ou totale du sens de l'ouïe. Il existe deux grands types de surdité :

  1. L'atteinte de l'oreille externe et/ou moyenne. On parle alors de « surdités de transmission ». La perte auditive est inférieure à 60 dB. Le plus souvent acquises au cours de l'enfance, de nombreuses surdités de transmission peuvent bénéficier d'un traitement médical et/ou chirurgical.
  2. L'atteinte de l'oreille interne et/ou des voies et centres nerveux. Il s'agit des « surdités de perception ». Elles ne sont pas « médicalement réparables » et ont des conséquences variées en matière de communication.

On parle également d'hypoacousie pour définir la surdité.

La majorité des personnes se sont pas sourdes de naissance mais le sont devenues avec l'âge, suite à une maladie (la surdité est la première maladie professionnelle), ou plus jeunes en écoutant de la musique trop fort (avec un baladeur, en boîte de nuit, en concert...)

La France compte 5 millions de personnes déficientes auditives dont 2 millions ont moins de 55 ans.

Symptômes

Les symptômes de la surdité sont définis et varient selon les différents niveaux de surdité. On en distingue quatre, selon le calcul de la moyenne du seuil des fréquences 500, 1 000 et 2 000 Hz :

  • Déficience auditive légère : de 20 à 40 dB
  • Déficience auditive moyenne : de 40 à 70 dB
  • Déficience auditive sévère : de 70 à 90 dB
  • Déficience auditive profonde : > 90 dB


Les conséquences en matière de développement du langage oral ne seront pas les mêmes selon le degré de la perte auditive :
En ce qui concerne les surdités légères et moyennes (20dB à -70dB), un appareil de correction auditive permet le plus souvent de compenser le déficit auditif tandis que le langage oral peut s'en accommoder.
Pour les surdités sévères (70dB à -90dB) et à plus forte raison profondes (90dB et plus), le langage oral peut être difficile et rendre nécessaire le recours à des modes de communication visuels tels que la langue des signes.

Origines

Les surdités de transmission sont le plus souvent acquises (otites, perforation du tympan...). Elles peuvent aussi être dues à des malformations de l'oreille et sont alors congénitales. Certaines surdités de perception peuvent également être acquises (infection pendant la grossesse, médicaments, pathologie à la naissance, méningite). D'autres peuvent être transmises génétiquement.

Traitement et suivi

Améliorer la réception de la parole. Pour améliorer la réception de la parole, la personne sourde sévère ou profonde peut, d'une part, utiliser au mieux le gain que lui procure un appareillage (appareils auditifs et/ou implants cochléaires) et, d'autre part, exploiter ses compétences visuelles en utilisant la lecture labiale qui permet de suivre la parole grâce aux mouvements de la bouche et des lèvres (avec le soutien de certaines techniques comme le LPC ou langage parlé complété).

La langue des signes. La langue des signes est une langue vivante et complexe qui possède une pleine capacité d'expression et d'abstraction, permettant ainsi la transmission des savoirs. Sa grammaire n'est pas identique à celle du français. Ses signes sont basés sur la configuration des mains, leur emplacement, leur orientation et leur mouvement. Leur disposition et la direction du regard permettent de visualiser les relations et le temps. Le visage et le mouvement des épaules ont aussi un rôle important dans la grammaire de cette langue. La langue des signes est reconnue par la loi comme langue à part entière. Sa diffusion dans l'administration et les services publics est facilitée. Elle peut être choisie comme épreuve optionnelle aux examens et concours, y compris ceux de la formation professionnelle.

Communiquer en étant sourd ?


Pour communiquer entre elles, les personnes sourdes ont le choix entre plusieurs langues :

La Langue des Signes Française (LSF) qui nécessite un apprentissage très long, en institut spécialisé la plupart du temps. C'est une langue à part entière avec sa grammaire et sa syntaxe. La construction des phrases et la logique de la LSF sont très différentes de la langue française. Son apprentissage par les sourds s'apparente donc à ce que pourrait être l'apprentissage du japonais pour nous. Il y a une langue des signes par langue orale. La LSF est parlée par .... personnes en France.

Les personnes sourdes ont un mode de rédaction différent du nôtre et une compréhension de la langue écrite qui n'est pas toujours aisée.


Le langage parlé complété : gestuel au niveau du visage avec des expressions complétées par des signes de la main à proximité du visage.


Comment les personnes sourdes peuvent-elles communiquer avec les personnes entendantes ?

Les personnes sourdes apprennent à lire sur les lèvres. C'est la lecture labiale. Pour faciliter cette lecture, il faut que l'interlocuteur se place face à la personne sourde, en pleine luminosité (mais pas à contre-jour) et parle lentement sans parler plus fort.

Chaque personne sourde ne maîtrise pas forcément de la même façon les différents langages et modes de communication. Cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas capable de compréhension, simplement elle peut ne pas nous comprendre tout comme un japonais qui viendrait en France sans parler lui-même notre langue, le français !

Mais, dans tous les cas, l'attention nécessaire pour comprendre les entendants via les expressions du visage ou la lecture labiale implique une très grande concentration de la part des personnes sourdes d'où une fatigabilité plus forte.

Comment se comporter avec une personne mal-entendante ?

Nous même devons faire l'effort de traduire et comme à juste titre le handicap ne se voit pas, nous avons tendance à oublier la surdité d'une personne. Quand une personne sourde côtoie des personnes entendantes, si personne ne lui traduit, elle se sent isolée et exclue. Les personnes sourdes se replient parfois sur elles-mêmes.
Alors, pour bien communiquer, voici quelques précautions ou idées à prendre :

  • Évitez de parler dans un milieu bruyant. Réduisez le plus possible les bruits ambiants.
  • Placez-vous bien en face de la personne.
  • Ne vous mettez pas à contre-jour.
  • Ne hurlez pas !
  • SVP, pas de chewing gum, pas de main devant la bouche.
  • Inutile de plus articuler, parlez juste un peu plus lentement que d'habitude.
  • Faites des phrases courtes, allez à l'essentiel
  • Utiliser des mots simples
  • Le language corporel peut aider.
  • Vérifier régulièrement que la personne a bien compris votre message et, le cas échéant, reformulez.
  • Si la personne est accompagnée d'un interprète, adressez-vous directement à la personne sourde et non à son interprète.
  • En réunion : évitez de parler à plusieurs en même temps / faites de comptes-rendus systématiques / pensez à fermer la fenêtre s'il y a du bruit dehors, même s'il fait chaud.

 

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