« Essentiel » pour le malade, il reste encore trop souvent à la porte : les services d'urgence sont désormais encouragés à autoriser davantage la présence d'un accompagnant auprès du patient, surtout s'il est « vulnérable », selon une charte signée mardi 19 mai 2026 par la ministre de la Santé.
Un constat de disparité dans les services
D'après une enquête de 2023 des services statistiques des ministères sociaux, 32% des services d'urgences autorisent systématiquement la présence d'un accompagnant, 64% ne l'autorisent qu'à titre exceptionnel et 4% l'interdisent.
« Les patients, confrontés à cette diversité des pratiques (...), ont longtemps manqué de repères clairs », et il était nécessaire de définir « un cadre national », souligne le ministère de la Santé dans un communiqué. Des représentants d'urgentistes, d'usagers, de personnes en situation de handicap, des agences régionales de santé et fédérations hospitalières ont donc travaillé pendant un an sur une « charte d'engagements réciproques ».
L'accompagnement devient le principe
« Désormais, la règle sera claire : l'accompagnement est le principe, l'exception doit être justifiée », dans « l'objectif commun » d'avoir « des urgences plus sûres, plus respectueuses et plus humaines », déclare la ministre dans le communiqué.
« La charte reconnaît le rôle essentiel de l'accompagnant du patient aux urgences » et prévoit que « chaque patient peut être accompagné par une personne de son choix (proche, personne de confiance, aidant...), sous réserve des contraintes de sécurité et d'organisation du service ou des soins », détaille le ministère.
Une attention pour les plus vulnérables
Un soin particulier sera accordé à l'accompagnement des « patients parmi les plus vulnérables, dont les enfants, personnes âgées, personnes en situation de handicap, et personnes en fin de vie », ajoute-t-il. Les accompagnants s'engagent eux à « respecter le fonctionnement du service, la confidentialité et le travail des équipes ».
« D'ici la fin de l'année 2026, tous les services d'urgence seront invités à afficher la charte dans les espaces d'accueil et sur leur site internet, former leurs équipes » et à terme « évaluer l'impact » de ces nouvelles consignes.
La charte a été signée lors du Salon Santexpo à Paris, organisé par la FHF, la fédération des hôpitaux publics, en présence notamment de la fédération France Assos Santé, des représentants des médecins urgentistes et du Conseil national consultatif des personnes handicapées.
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