Traitement anti-acné : risque d'autisme en cas de grossesse?

Traitement contre l'acné sévère avec l'isotrétinoïne orale (Procuta...) : en plus du risque majeur de malformations en cas de grossesse, l'Agence du médicament met en garde contre celui de développer des éventuels troubles du neuro-développement.

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On savait que la prise d'isotrétinoïne orale durant la grossesse était associée à un risque supérieur à 30 % de malformations, telles que des anomalies du cerveau, du visage ou du cœur chez l'enfant exposé in utero. Cette substance que l'on connaît sous différentes dénominations commerciales (Acnetrait, Contracne, Curacné, Procuta…) est prescrit aux jeunes en cas d'acné sévère. Mais pourrait-il également être à l'origine de troubles neuro-développementaux, avec ou sans malformations associées ?

Des risques de troubles autistiques

Pas un jour sans qu'une annonce ne soit publiée sur les causes prétendues de l'autisme, parfois les plus farfelues. Mais cette alerte est à prendre au sérieux puisqu'elle provient de l'Agence nationale de sécurité du médicament le 18 février 2021. Ce traitement ne « doit jamais être utilisé chez la femme enceinte et en âge de procréer si les conditions du plan de prévention de grossesse ne sont pas remplies », insiste l'ANSM. Cette alerte fait suite à une suspicion de troubles autistiques chez un jeune enfant exposé durant la grossesse et né sans malformation. « L'absence d'anomalie visible à l'échographie ou à la naissance ne permet pas d'anticiper que l'enfant ne présentera pas de troubles, notamment des troubles neuro-développementaux à type de retard mental ou de retard des fonctions motrices (équilibre, marche…) », précise l'autorité sanitaire.

Investigations en cours

Ce risque est « en cours d'investigation » via le Groupe d'intérêt scientifique (GIS) EPI-PHARE qui va s'appuyer sur les données de l'Assurance maladie. Ses résultats seront partagés avec l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui ne confirme pour l'instant pas ce risque potentiel au niveau européen. Mais « au regard des éléments déjà disponibles », l'ANSM souhaite « d'ores et déjà alerter les professionnels de santé et les patientes ».

En cas de découverte d'une grossesse, le traitement doit immédiatement être arrêté et la patiente être adressée à un médecin spécialiste ou compétent en tératologie (science des anomalies de l'organisation anatomique, congénitale et héréditaire). Rappelons que l'isotrétinoïne orale ne doit être prescrite qu'aux femmes sous « contraception hautement efficace » et qu'un test de grossesse doit être réalisé avant le début du traitement puis chaque mois ainsi qu'un mois après son arrêt.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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