Sur France 3, Wahiba, aveugle, n'a pas froid aux yeux !

Résumé : Wahiba Baha, aveugle depuis ses 17 ans, a bouclé, le 23 juin 2015, sa première saison en tant que chroniqueuse sur France 3 Nord Pas-de-Calais. Avec "Handi'namique", elle marche sur les pas de Frédéric Zeitoun ou de Philippe Croizon.

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Handicap.fr : Vous considérez-vous plus comme chroniqueuse ou journaliste ?
Wahiba Baha : Bonne question. Chroniqueuse, oui, forcément. Journaliste, je ne sais pas… J'ai l'esprit journalistique, je suis curieuse. Lorsque je prépare ma rubrique, c'est moi qui interroge les personnes au téléphone, qui rédige, qui recherche les invités… Tant que le sujet touche au handicap, la rédaction me laisse carte blanche. Et puis je réalise ma revue de presse quotidienne, je lis énormément pour me documenter. Mais je n'ai pas de carte de presse.

H.fr : Etiez-vous destinée à animer une chronique à la télé ?
WB : A l'adolescence, j'avais envie de faire carrière dans la psychologie. De manière générale, j'ai toujours été intéressée par tout ce qui touche à la transmission du savoir, à la communication, aux relations humaines. A 17 ans, je suis devenue aveugle suite à un décollement de la rétine. J'ai passé un BEP de standardiste pour apprendre le braille mais, pour trouver du travail, c'était la galère…

H.fr : Comment avez-vous été mise en contact avec France 3 ?
WB : Dans le cadre de mon boulot, nous avions mis en place une action visant à faire conduire des personnes non-voyantes. En tant que chargée des relations presse de l'UNADEV (Union nationale des aveugles et déficients visuels), j'avais transmis un communiqué à la chaîne, qui m'a ensuite invitée sur leur plateau. Après avoir discuté avec plusieurs employés, je me suis dit : « Tiens, ils n'ont pas de chronique sur le handicap ». Or c'est un sujet qui touche des milliers de personnes dans le Nord. Je leur ai proposé l'idée et ils m'ont demandé de leur transmettre un projet qui a finalement été validé. (La chronique a lieu un mardi sur deux dans l'émission Nord Pas-de-Calais Matin, vers 10 heures, ndlr).

H.fr : Néophyte, vous êtes-vous rapidement sentie à l'aise face à la caméra ?
WB : C'est simple : la caméra, je ne la vois pas (rires).

H.fr : Quels sujets abordez-vous dans votre chronique ?
WB : Les premiers mois, je traitais plutôt des informations positives liées au handicap et à l'actualité : les départs au ski, la Saint-Valentin, les vacances d'été… Désormais, je suis plus nuancée dans mes propos.

H.fr : C'est-à-dire ?
WB : Tout n'est pas parfait dans la vie, alors, quand il y a des manquements, il est important d'en parler. J'essaie de dire qu'on peut toujours mieux faire, tout en ajoutant qu'il existe des choses ou des actions mises en œuvre pour s'en sortir. Depuis quelques temps, j'accueille des invités plus régulièrement. Aussi, je m'adapte et suis attentive aux critiques. Ce n'était que ma première année.

H.fr : Vous intervenez à France 3 en tant que bénévole…
WB : C'est vrai mais je suis encore en période d'apprentissage. Quant à la gestuelle, la manière de m'exprimer, je continue à acquérir de l'expérience et approfondis ma connaissance du  monde des médias. Et puis la réalisation de ma chronique entre dans mon temps de travail à l'UNADEV où, en plus d'être chargée des relations presse, je suis formatrice bureautique et multimédia pour des personnes déficientes visuelles.

H.fr : Ne souhaitez-vous pas vous investir davantage dans votre fonction de journaliste/chroniqueuse ?
WB : Évidemment, c'est quelque chose qui m'intéresse. Mais, comme je le disais, j'ai encore à apprendre. Après, pourquoi pas diffuser la chronique sur l'édition nationale de France 3 ou devenir pigiste ? Je suis une grande lectrice, je m'intéresse à énormément de choses.

H.fr : Toujours dans le domaine du handicap ?
WB : Pas forcément. Je me verrais bien traiter de la mode par exemple.

H.fr : Tiens, justement, que pensez-vous de ces mannequins handicapés qui font peu à peu leur apparition sur les podiums ou, récemment, de cette jeune fille trisomique australienne qui a fait le buzz en déclarant qu'elle souhaitait en faire son métier (voir lien ci-dessous) ?
WB : J'ai envie de dire : « Enfin ! ». Cela me fait penser au Moyen-âge où l'on exhibait des personnes handicapées car elles été difformes, pour se moquer d'elles. C'est un joli pied de nez à l'Histoire de voir qu'aujourd'hui certaines défilent et symbolisent la beauté, le rêve…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Kevin Murgue, journaliste stagiaire Handicap.fr"


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Le 02-07-2015 par MAHVU 42-43 :
Cette personne représente l'avenir avec l'existance d'un espoir d'insertion et de possibilité diverses dans la domaine du tertiaire pour les personnes handicapés visuelles

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