Précarité: les auxiliaires de vie scolaire protestent

Résumé : Les auxiliaires de vie scolaire (AVS), qui aident les enfants handicapés à l'école, protestent contre leur précarité et demandent au gouvernement la création d'un 'vrai métier de l'accompagnement scolaire et social', dans une lettre ouverte

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PARIS, 28 août 2008 (AFP) -
L'Unaïsse, association d'auxiliaires de vie scolaire créée voici un an, dont la démarche est soutenue par plusieurs syndicats de l'enseignement (Sgen-CFDT, SNUIpp-FSU, etc.) et des associations (Fnaseph, APF, etc.) demande une professionnalisation des AVS, aujourd'hui "personnel précarisé, jetable, et sans aucune perspective d'avenir".
"Certains d'entre nous exercent depuis presque dix ans, sous le statut d'emplois-jeunes puis d'assistant d'éducation ou de CAE et CAV (emplois aidés, ndlr), statuts encore plus précaires", explique l'Unaïsse.
L'association proteste aussi contre la formation insuffisante des AVS.
"Est-il légitime de parler de +personnel compétent+ quand celui-ci n'est pas formé aux missions qui lui incombent, vit en-dessous du seuil de pauvreté (mi-temps imposé rémunéré 530 euros par mois), n'a pas de soutien institutionnel, ni de connaissance précise sur le handicap avant la prise de fonction", interroge-t-elle.
"La quantité ne peut remplacer l'évaluation qualitative", dit l'association, qui reconnaît que le nombre d'enfants handicapés scolarisés augmente, conformément à la loi Handicap 2005, mais craint que la "qualité du service" ne suive pas.
D'ici un an, rappelle l'association, "les premiers AVS recrutés en 2003 sous contrat d'assistant d'éducation vont devoir quitter leur fonction alors qu'ils ont capitalisé des compétences", et ceci "sans aucune perspective", et au détriment des élèves "livrés à d'éternels débutants".
Quelque 22.000 AVS accompagnent pour cette rentrée les enfants handicapés, dont près de 20.000 individuellement, pour moitié assistants d'éducation dépendant de l'Education nationale, dont les contrats ne peuvent dépasser 6 ans, pour l'autre moitié emplois aidés (CAE ou contrat d'avenir), de deux ans maximum.
mv/jba/D

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Commentaires

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Le 11-09-2008 par mariejo531 :
je suis moi - même avs dans un depuis 1 an et je sais que à la fin de mon cae, à la rentrée 2009, je ne pourrai pas continuer , nous nous investissons dans notre travail et nous savons qu'à la fin du contrat aucune perspective.....C qui est dommage et pour les enfants et pour l'éducation nationale

Le 12-09-2008 par naila :
Complètement d'accord, c'est une mesure bancal, pour palier aux difficulté des établissements accueillant des élèves handicapés, mais c'est bancal et non rassurant pour les AVS qui se donnent à fond et qui désistent dès qu'elles trouvent un meilleurs emploi ailleurs.

Le 12-09-2008 par ginie :
Je suis maman d'un petit garçon qui a une AVS depuis maintenant 2 ans. Ce sont des personnes avec un dynamisme évident et une véritable envie de faire progresser l'enfant qu'elleS suivent. Je tombe des nues en apprenant leurs conditions de travail et de formation. Je confirme que les avs sont parfois changé d'une année sur l'autre puisque mon fils en a eu une nouvelle cette année au CP : je ne remets pas en question les compétences de cette deuxième personne loin de là mais je trouve que pour ses enfants la stabilité est importante, et j'ai de la chance d'avoir un petit garçon très sociable qui s'habitue rapidemment aux changement: mais je trouve dommage qu'il n'est pas pu garder celle de l'année passée avec laquelle il s'était habitué depuis un an et qui le connaissait très bien.

Le 23-09-2008 par MARIE :
Je suis AVSi et je m'occupe deux enfants dans une école maternelle et je bataille tous les jours pour que mes petites puissent être considérés. J'adore ce que je fais et je suis vraiment navrée que l'on nous reconnaisse pas et que notre métier ne soit pas valoriser et surtout nos contrats pérennes.

Le 07-10-2008 par mado :
sous contrat aidé et en fin le 31 octobre , jai du mener un parcours u combattant pour pouvoir continuer au moins une année supplémentaire et faire valider mes acquis des expériences . a la fin du mois octobre je dois signer un nouveau contrat et permettre de remplir mon dossier passer ma VAE .

Le 22-11-2008 par Nellynet :
Je suis AVS depuis le début de la création des poste (sept. 2003). Mon contrat arrive à son échéance et l'avenir me fait peur. Depuis 6 ans, on tente de se battre afin de faire reconnaître notre "mission" auprès des enfants en situation de handicap que nous accompagnons au quotidien et malheureusement, on se rend compte que rien n'est prêt à évoluer dans notre sens.
Où est l'intérêt des enfants dans tout ça ?
Il y a bien la possibilité de passer une validation d'acquis, mais c'est assey difficile et nous ne sommes pas aidé pour y accéder plus aisément !

Le 10-12-2008 par mado :
Deux ans et fin de contrat ....plus rien entre une ANPE et l' EDUCATION NATIONALE se renvoie la balle ....la balle c'est nous chômeurs . Pendant deux ans , vous prenez votre métier à cœur , en construisant un avenir professionnel (vae , concours ) et plus rien ... vraiment , on nous prends vraiment pour des nuls de la société .
Au fait que veux dire CAE déja !

Le 28-01-2009 par durian :
je suis au chomage depuis avril 2007. Je voulais devenir auxiliaire de vie scolaire, mais cela ma ete refuser car je ne rentrer pas dans leurs critere (contrats precaire) meme si j'ai 14 niveau en langue des signes mais je continue a me battre.

Le 11-05-2009 par nono57 :
je suis AVSI j'arrive au bout de mes 6 ans, j'aimerai tellement que cette mission devienne maintenant un metier ; la gamine que j'ai accompagné toutes ces années va se retrouver avec une autre avs sans formation,sans la connaitre... alors que je connais sa maladie! on pense pas à l'avenir de nos enfants!! on demande une formation et un diplome et un nouveau metier merci!!

Le 26-07-2009 par mistick :
Je suis AVSi, moi aussi au bout de mes 6 ans. Educatrice de formation, j'ai été recrutée par l'éducation nationale suite à un entretien de motivation (lettre + CV) Je vais donc être remplacée aujourd'hui, par une personne, (sans vouloir dévaloriser les personnes concernées), dont les critères d'embauche pour être AVS contrats CAE ou VAE sont : avoir + de 50 ans, être au RMI ou en fin de droit d'allocation chomage !!!
Ce qui me parait être un mépris total, non seulement de notre travail et de l'expérience que nous avons acquis tout au long de ces années, mais surtout des enfants que nous suivons.Ils méritent, plus encore que les autres enfants d'avoir une aide efficace. Sans parler de l'aspect relationnel, pourtant primordial lorsqu'on travaille avec des enfants en difficulté, pour qui il n'est pas toujours facile de lier une relation de confiance, indispensable pour lui permettre de prendre confiance en lui et de progresser.

Le 26-07-2009 par mistick :
(Suite)
Mépris total aussi de leurs parents à qui on va demander de confier leurs enfants déjà en difficulté à des personnes recrutés simplement en fonction de leur éligibilité à des contrats aidés !!! sans connaissance ni de l'enfant ni de ses difficultés.
En 6 années nous avons acquis non seulement des connaissances par rapport aux différents handicaps et leurs prises en charge, mais aussi des connaissances aux niveaux des apprentissages scolaires qui nous permettent d'adapter nos interventions et de cibler notre travail en fonction du niveau et des difficultés de chaque enfant. Et toute la subtilité de notre travail réside bien là : être capable de "doser" l'aide apportée : elle doit soutenir l'enfant, l'encourager, voire le suppléer dans les actes qu'il ne pourrait pas effectuer, mais en aucun cas nous ne devons nous substituer à lui ni faire à sa place. Et cette compétence, c'est l'expérience qui l'apporte !

Le 12-09-2012 par martine :
SOS !personnellement je suis révoltée! j'entame ma 5 ème année en tant qu'avs i j'étais à 75% de temps et on me donne un contrat 50% pour cette année scolaire, sans même me prévenir, alors que beaucoup d'enfants n'ont pas d'avs sur mon secteur, je ne sais que faire je dois trouver d'urgence un travail en complément,ce qui me prend toute mon énergie! dans ces conditions comment faire pour continuer à m'investir dans ma mission? je ne gagne même plus assez pour payer le carburant pour effectuer 32 km par jour pour me rendre à mon travail, quel recours juridique ai-je? je pensais que je resterai à 75% durant les 6 ans, mais non, ils ont tous les droits apparemment, je ne suis pas la seule dans ce cas.

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