Action de sensibilisation pour l'accessibilité

Résumé : Une semaine pour sensibiliser à l'accessibilité des personnes handicapées dans la cité

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Par Martine VERON

PARIS, 7 oct 2007 (AFP) - L'APF (association des paralysés de France) lance du 8 au 14 octobre dans toute la France une campagne de sensibilisation sur l'accessibilité des personnes handicapées, en déposant des silhouettes marquées du slogan "accéder7exister" dans des lieux testés inaccessibles.

 

Par ce slogan mélangeant lettres et chiffre, l'APF veut sensibiliser les passants pour mieux interpeller les politiques, avec une campagne "visible".

 

"Ne pas pouvoir aller au cinéma, voir une expo, flâner dans un parc, entrer dans un magasin, prendre le bus, traverser la rue, sortir de chez vous, l'accepteriez-vous?", demande-t-elle.

 

De grandes silhouettes, rouges pour un lieu inaccessible, jaune pour un lieu qui pourrait être accessible avec un peu d'effort, vert pour un lieu accessible, vont être disposées dans des lieux testés par des personnes en situation de handicap.

 

Le but est de faire prendre conscience des obstacles qui empêchent les handicapés de vivre comme tout le monde.

 

A Paris, 350 silhouettes vont être exposées dans cinq quartiers de la capitale, d'autres dans plusieurs villes de France.

 

Pour près de la moitié des personnes en situation de handicap, la plus grande difficulté ressentie au quotidien réside dans l'accessibilité dans les transports et les lieux publics, selon un sondage IFOP réalisé pour l'APF, auprès de 424 adhérents de l'association.

 

Viennent seulement ensuite l'obligation de tout prévoir à l'avance, le regard des autres sur le handicap par exemple.

 

Interrogés sur les améliorations depuis la loi Handicap de février 2005, 42% estiment que "rien n'a changé dans leur quotidien".

 

En matière d'accessibilité, les "bons élèves" sont les services de santé, les grandes surfaces, les parcs publics, ou les aéroports et gares. Portent le bonnet d'âne les tribunaux, les théâtres, les commerces de proximité ou les coiffeurs et les bus, selon le sondage.

 

"Parce que les commerces de centre-ville sont inaccessibles, je dois me rendre dans la zone commerciale. Mais la gare routière étant inaccessible, je dois réserver un transport adapté ... 15 jours à l'avance", témoigne David, qui habite une petite ville de l'Indre.

 

La loi handicap a fixé un délai de 10 ans pour la mise en accessibilité des 650.000 établissements existants ouverts au public et des transports collectifs.

 

Le ministre du Travail et de la Solidarité, Xavier Bertrand, a souhaité "aller plus vite" et a demandé "pour fin 2008", au lieu de 2011, un diagnostic pour tous les établissements.

 

Mais, pour Jean-Marie Barbier, président de l'APF, il s'agit déjà de "respecter l'esprit de la loi", alors que les décrets passés ou en cours de discussion font régresser les droits des handicapés.

 

"Au nom du pragmatisme, on régresse", dit-il à l'AFP, "c'est le retour des lobbys".

 

Il évoque ainsi le projet de décret sur l'accessibilité des lieux de travail: "les employeurs veulent se comporter de la même manière dans les bâtiments neufs qu'anciens, avec un seul étage accessible en-dessous de 200 salariés. Or, depuis 30 ans, on nous dit que concevoir sur plan ne coûte rien, c'est de la mauvaise foi".

 

"Que le gouvernement arrête de restreindre les droits petit bout par petit bout en acceptant des concessions injustifiées", dit-il.

 

Jean-Marie Barbier affirme aussi "attendre avec impatience le 31 décembre 2007, délai imparti pour la mise en place des commissions communales d'accessibilité dans les villes de plus de 5.000 habitants". "Il y en a aujourd'hui dans 10 à 15% des villes seulement", dit-il.

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