'La Ligne droite', le sport à haut niveau dans le noir

Résumé : Régis Wargnier revient au cinéma avec une histoire de sport et d'amour qui lève un coin de voile sur ce que courir dans le noir, le long de "La Ligne droite", signifie de sacrifices et de confiance.

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PARIS, 6 mars 2011 (AFP) -
Leila (Rachida Brakni) sort de prison et s'offre comme premier plaisir une longue course sur la route qui longe la centrale. A son premier passage au stade, cette jeune femme, dont on pressent un passé de sportive de haut niveau, tombe sur Yannick (Cyril Descours). Le jeune athlète vient de perdre la vue dans un accident de la circulation et Leila, sans rien lui dire d'elle-même, va prendre en charge sa préparation aux épreuves handisport.

Comment retrouver la confiance de se lancer sur la piste quand on ne la voit plus? Seule une cordelette blanche qui unit l'athlète à son guide apporte la réponse.

C'est cette corde qui a guidé la démarche de Régis Wargnier, oscarisé en 1993 pour "Indochine", couronné alors meilleur film étranger. Après quelques années plus difficiles et l'abandon d'un projet, faute de financement, le cinéaste qui avait magnifié Catherine Deneuve puis Emmanuelle Béart ("Une femme française") se laisse aller à son goût de l'athlétisme, auquel il a déjà consacré deux documentaires.

L'idée lui en est venue alors qu'il filmait les Mondiaux en 2003 au stade Charléty, en voyant le coureur non-voyant Aladji Ba - future médaille de bronze - avec son guide à l'entraînement: "Ces deux hommes, le non-voyant avec ses lunettes et le guide, le lien qui les unissait, la dépendance, leurs foulées ensemble... Il y avait là quelque chose de totalement émouvant".

Autour de ce fil de départ le cinéaste tisse un univers, une femme passionnée et dévastée, seule en plan au milieu de sa vie (Leila); une mère désemparée face au brutal destin qui frappe son fils, abusive parfois dans sa volonté de bien faire (Clémentine Célarié, femme d'affaires en turban); un jeune homme à l'envol arrêté net, qui doit apprendre à avancer dans le noir et auquel le sport va offrir une voie de reconstruction.
Et tout autour, ce monde de l'athlétisme, du dépassement de soi.

Pour la fédération Handisport, ce que montre le film c'est qu'il s'agit d'abord d'athlètes. "On se tue à le dire: ce sont des sportifs qui se trouvent avoir un handicap. Le film a très bien cerné cette problématique", explique-t-on.

Plusieurs d'entre eux et leurs guides jouent leur propre rôle dans le film, comme Aladji Ba, non-voyant depuis l'âge de 5 ans et champion de France sur 400 m, ou Gautier Trésor Makunda, vice-champion du 100 m aux jeux Paralympiques d'Athènes en 2004 et médaille de bronze à Pékin sur 100 m en 2008.
François Guérin, qui a longtemps escorté et entraîné Trésor, avant de prendre sa retraite, explique comment les mains et les bras se cherchent, se trouvent et s'accompagnent sur la piste. "Sur la ligne droite, ce n'est pas un souci. Le problème c'est le virage: il faut rester serrés, coller au maximum à son athlète. C'est la pression de mon bras sur le sien qui l'avertit d'une courbe de la piste".

C'est d'ailleurs cette dimension relationnelle de la confiance au guide qu'il a cherché à transmettre à Cyril Descours qui, en plus de faire l'acteur, devait apprendre à courir comme un athlète et agir comme un non-voyant.

A l'arrivée, juge Trésor Makunda, "Wargnier touche avec ce film un point essentiel : alors qu'on a tendance à penser que l'infirmité emprisonne les hommes dans leur corps, Yannick avance, il s'ouvre au monde et redevient maître de sa vie".


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