Paralysie : une nouvelle piste thérapeutique

Résumé : Une nouvelle piste thérapeutique pour réparer la moelle épinière sectionnée vient d'être dévoilée par des chercheurs français qui ont démontré un mécanisme permettant une récupération de la marche chez des souris handicapées...

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[B1]Paralysie : une nouvelle piste thérapeutique[E1]

PARIS, 9 juil (AFP)

- Une nouvelle piste thérapeutique pour réparer la moelle épinière sectionnée vient d'être dévoilée par des chercheurs français qui ont démontré un mécanisme permettant une récupération de la marche chez des souris paralysées.

Les travaux de l'équipe dirigée par Alain Privat (Inserm, Montpellier) sont parus en ligne dans les comptes rendus de l'académie des sciences
américaine, les PNAS www.pnas.org ).
Les lésions accidentelles de la moelle épinière provoquent une perte irréversible de la fonction motrice volontaire. La paralysie est due à l'absence de régénération des terminaisons (les "axones") des neurones endommagés qui conduisent l'influx nerveux en provenance du cerveau et commandent la marche.
Les chercheurs ont identifié la cause de cette absence de régénération après section de moelle : la surproduction ou "surexpression" de deux
protéines (la GFAP - Glial Fribillary Acidic Protein - et la Vimentine) dans le tissu de soutien du système nerveux, les astrocytes ou cellules gliales, qui aboutit à des cicatrices constituant une sorte de grillage impénétrable,
un milieu hostile à la régénération des axones.

L'équipe montpelliéraine a cherché donc à bloquer la formation de cette cicatrice. Elle a élaboré trois groupes de souris transgéniques dont les
gènes assurant la synthèse de ces protéines étaient inactivés : dans le premier et deuxième groupe, un seul gène a été inactivé (celui de la GFAP ou celui de la Vimentine) tandis que les deux gènes étaient neutralisés dans le dernier
groupe.

[B2]thérapie génique[E2]

Après une lésion de la moelle de nature à entraîner une paralysie limitée à une seule patte postérieure, seules les souris chez lesquelles les deux gènes avaient été inactivés, ont récupéré une fonction locomotrice.
Ces rongeurs n'ont pas développé de cicatrices et présentent à l'examen un accroissement du bourgeonnement des axones nerveux, allant jusqu'à une reconstitution des circuits ayant permis la récupération fonctionnelle.
Sur la base de ces résultats, une stratégie thérapeutique originale, pour les lésions traumatiques du système nerveux central chez l'homme mais aussi dans le cas de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, où des phénomènes apparentés d'obstruction sont observés, pourrait être envisagée, selon les chercheurs.

En collaboration avec l'équipe de Jacques Mallet (CNRS, Pitié Salpetrière, Paris), les chercheurs de Montpellier sont ainsi en train de développer une stratégie de thérapie génique, qui consiste à soigner une maladie par l'introduction de gènes correcteurs, en utilisant ici une méthode dite des
"ARN interférentiels", qui pourraient bloquer sélectivement ces deux protéines.

La France compte plus de 40.000 paraplégiques et tétraplégiques. Chaque année, les accidents de la route, de plongée ou autres chutes professionnelles sont responsables de 1.500 nouveaux cas d'handicaps moteurs.

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