Prise en charge des troubles dys : la France dys-qualifiée?

Résumé : 10e jour du 10e mois et 10e édition pour la journée mondiale des dys ! Un focus sur ces troubles des apprentissages qui bénéficient d'une détection inégale et d'une prise en charge trop tardive. RV à Paris le 15 octobre pour le colloque dédié.

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Par Frédérique Pris

Les troubles de l'apprentissage de la lecture, de l'orthographe ou encore des activités numériques sont mieux connus aujourd'hui mais leur détection, le plus souvent à l'école, est inégale, et leur prise en charge encore tardive. « Il y a des progrès mais cela reste très lent en France, comparé par exemple au Royaume-Uni », déclare à l'AFP Vincent Lochmann, président d'honneur de la Fédération française des dys, à l'occasion de 10e journée mondiale des dys le 10 octobre 2016. Le colloque organisé par la FFdys aura lieu le samedi 15 octobre (8h30 à 17h30) au Cirque Bormann à Paris 19e (lien ci-dessous).

Des enseignants peu sensibilisés

C'est souvent à l'école que se manifestent ces troubles de l'apprentissage. Dès deux ou trois ans pour la dysphasie, vers la fin du CP pour la dyslexie, un peu plus tard pour la dysorthographie. Dans une communication de septembre 2015, l'Académie nationale de médecine évaluait la fréquence des troubles dys à environ 8% des enfants d'âge scolaire. « La recherche progresse mais l'origine de ces troubles reste encore mal comprise. Tous les enseignants ne sont pas sensibilisés à ces problématiques, regrette M. Lochmann. On ne leur demande pas d'établir un diagnostic -ce n'est pas leur rôle- mais de signaler que tel enfant a des difficultés dans les apprentissages élémentaires. »

Une prise en charge tardive

Même si l'enfant a été « repéré », la prise en charge est souvent tardive en raison du manque de médecins scolaires et surtout de pôles de santé dédiés, qui regroupent les spécialistes appelés à intervenir en cas de troubles sévères ou complexes : médecin, orthophoniste, ergothérapeute, psychomotricien… Les enfants souffrent souvent de plusieurs de ces troubles, selon les chercheurs dans ce domaine. Des structures existent en France, telles que Resodys à Marseille ou Delta 01 dans l'Ain, mais en nombre insuffisant, souligne la FFdys. De même, des établissements scolaires ont mis en place des dispositifs spécifiques pour ces enfants dys mais la demande dépasse l'offre. L'académie de Toulouse a, quant à elle, mis en ligne sur son site un Guide des ressources pour les parents.

« Une maladie honteuse »

Il est capital de mettre en œuvre des « solutions de remédiation » le plus rapidement possible, pour que l'enfant ne décroche pas scolairement. Avec un suivi coordonné, ces troubles peuvent disparaître lorsque l'enfant grandit. Ou persister en cas de troubles sévères. Mais il existe des outils, informatiques par exemple, et l'apprentissage de « stratégies » pour que le jeune « compense » son handicap. « Certains parviennent ainsi à des niveaux de formation élevée », explique Vincent Lochmann, qui cite l'exemple du directeur informatique d'une grosse entreprise française, sévèrement dyslexique. Ce « brillant professionnel » évite cependant de prendre des notes lorsqu'il est en réunion, ajoute-t-il. Car s'ils sont mieux connus du grand public, les troubles dys et la difficulté des relations avec la lecture ou l'écriture qu'ils entraînent « restent une maladie honteuse ».

Des enfants à l'intelligence normale

Les troubles dys, qui ne sont pas dus à une déficience intellectuelle, des problèmes psychiatriques ou un environnement socioculturel défavorisé, sont source de souffrance chez l'enfant et sa famille, ou chez l'adulte, et peuvent provoquer un repli sur soi, voire une dépression. « Les nombreux échecs dans leur prise en charge sont responsables d'inadaptation sociale et professionnelle chez des enfants d'intelligence pourtant normale », note l'Académie de médecine. La FFdys regrette que les programmes de lutte contre l'illettrisme et le décrochage scolaire (110 000 jeunes quittent le système éducatif sans diplôme chaque année) ne prennent pas en compte ces questions de repérage de troubles de l'apprentissage, alors que ces domaines se recoupent. « Dans les quartiers défavorisés, les difficultés sociales masquent les difficultés d'apprentissage, déplore Vincent Lochmann. Il existe une véritable inégalité territoriale et sociale. Selon l'endroit où vit l'enfant et le milieu d'où il est issu, il sera repéré, diagnostiqué, accompagné. Ou pas ».

Troubles dys, c'est quoi ?

- La dyslexie est le plus connu : elle désigne l'altération spécifique et significative de la lecture. Souvent associée à la dysorthographie, qui handicape la production d'écrits et l'orthographe, elle entraîne une lecture hésitante, ralentie, émaillée d'erreurs, qui a pourtant exigé beaucoup d'efforts.
- La dysphasie : trouble du développement du langage. Se manifeste par des problèmes de syntaxe, une expression par mots isolés et une difficulté de compréhension de ce qui est transmis oralement.
- La dyspraxie : trouble du développement moteur et des fonctions visio-spatiales, qui se traduit chez les enfants par des difficultés à s'habiller, se moucher, se servir à boire, utiliser une clé…
- La dyscalculie : incapacité à comprendre et utiliser les nombres.

D'autres troubles encore dans cette « galaxie » comme ceux de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) ou encore la dysorthographie.

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Commentaires

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Le 12-10-2016 par Didi :
Il est temps que les pouvoirs publics forment le corps enseignant que ce soit une obligation, que les enfants reconnus aient des productions réellement adaptées un 1/3 temps au moment des examens est insuffisant pour des enfants qui sont très lents.....la ppudre aux yeux nebe suffit plus !!!il faut que de telles moyens soient mis en œuvre . Les parents sont démunis face à ce fléau DYS. L'ecole pour ces enfants n'est pas un long fleuve tranquille alors les programme son st les mêmes...?
Des actions et des vrais sont attendus

Le 13-10-2016 par Senga :
Mon fils est dyslexique et dysorthograhique et les aménagements préconisés par le médecin scolaire ne sont pratiquement pas mis en place. J'ai essayé à maintes reprises d'intervenir et de le faire remarquer (toujours avec respect et délicatesse), mais les enseignants le prennent mal et toute communication devient impossible... Mon fils se décourage peu à peu devant ce manque de compréhension...

Le 13-10-2016 par bricalie :
Il existe une solution pour remédier à ces dysfonctionnements d'accompagnement de nos ayant ayant des troubles DYS,TED je peux témoigner et expliquer la procédure à suivre.Pas de découragement, dites à votre fils qu'il va bien, qu'il a des capacités lui aussi mais que ce système denseignement ne lui convient pas. Il trouvera sa voie.

Le 27-10-2016 par fleur :
Mes deux enfants sont dysphasiquesdepuis dix ans nous nous battons pour que des adaptations scolaires soient mis en place bcp de reunions inutiles qui ne menent a rien de concretdes orientations ds des classes fourre tout ou ils ne sont pas a leur place et ou ils sont malheureux bref!les bilans ne sont la plus part du temps pas lus c'est ça la réalité une loi de 2005 qui n est pas appliquée ou alors par une infime minorité de professionnels bienveillants et compréhensifs

Le 09-11-2016 par Babette :
Je pense que beaucoup de ces troubles pourraient être évités grâce à la prévention, c'est à dire une préparation solide avant le début du CP. Cela consiste à habituer les élèves à ne déchiffrer que et uniquement dans une situation de recherche active de sens. Vous pouvez voir le site www.nanaetsesamis.com

Le 10-11-2016 par samatilou :
C'est criant de vérité! notre fils 11a malgré le PPS un AVS arrivé dès sept mais odieux avec lui puisque refusant de lui écrire, le traitant de fainéant travail dėgueulasse,etc profs pas vraiment concernés n'ont pas le temps. Du coup double tâche constante cours illisibles. Quel gâchis la loi de 2005 n'est pas appliquée.les réunions que de la par lors et ça s'arrête là.aujourd'hui AVS déplacé auprès d un autre enfant et fiston tout seul mais bon ça ne chose pas grand chose puisque rien n'est appliqué le PPS n'est qu' un morceau de papier jamais lu ou jamais compris. Cordialement

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