Bébés sans bras : une affaire loin d'être classée

Résumé : Les remous continuent d'agiter la sphère scientifique après l'affaire des bébés nés sans bras. Une nouvelle enquête a été réclamée par la ministre de la Santé. La patronne du Remera propose d'y associer des chercheurs étrangers.

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La scientifique qui a rendu publique l'affaire des bébés nés sans bras dans l'Ain, Emmanuelle Amar, a suggéré le 23 octobre 2018 que des chercheurs étrangers soient associés à la nouvelle enquête annoncée par la ministre de la Santé. "Il y a de très bons scientifiques en France, et il y a des spécialistes des (...) malformations à l'étranger : on pourrait associer une équipe internationale", a-t-elle déclaré lors de son audition par le groupe d'études Santé environnementale de l'Assemblée nationale présidé par l'ex-ministre Delphine Batho, devant une poignée de députés. Mme Amar dirige le Remera, le plus ancien des six registres des malformations congénitales de France, basé à Lyon et une polémique l'oppose aux autorités sanitaires dans cette affaire. Elle a jugé qu'il ne fallait pas que les équipes qui mèneront la nouvelle enquête soient déjà "partie prenante".

Relancer l'enquête

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé deux jours auparavant (article en lien ci-dessous) son intention de "relancer une enquête" avec l'Anses et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement. "A partir du moment où il y a un excès de cas, on est bien obligé de chercher", a commenté Mme Amar. Des cas groupés d'enfants nés sans mains, bras ou avant-bras ont été observés dans l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint.

Qualifiée d'irresponsable

Dans une première enquête, l'agence sanitaire Santé publique France a conclu début octobre que le nombre de cas de l'Ain n'était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l'inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée. Mme Amar conteste les conclusions de Santé publique France sur le fait qu'il n'y aurait pas d'excès de cas dans l'Ain. En retour, elle a été qualifiée d'"irresponsable" qui "manipule l'opinion" par l'épidémiologiste Ségolène Aymé, directrice de recherche émérite de l'Inserm.

Des pesticides incriminés ?

Des élus écologistes estiment que les pesticides pourraient être à l'origine des malformations, même s'il n'y a pas de preuve scientifique. Interrogée sur ce point, Mme Amar a admis qu'"on n'a rien pu mettre en évidence" concernant une éventuelle responsabilité des pesticides. Les mères d'enfants touchés "sont toutes en zone très rurales" avec "plus de 40% de terres agricoles autour d'elles" ; a-t-elle dit. Mais "on n'a rien d'autre (qui prouve une éventuelle responsabilité des pesticides, ndlr) et il faut qu'on le reconnaisse".

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