Le tourisme peut gagner beaucoup en s'adaptant aux handicaps

Résumé : Rampes d'accès, douches suffisamment larges, le monde du tourisme est devant l'impératif de faire plus d'efforts s'il veut bénéficier de la clientèle des personnes handicapés, qui risque de nettement grossir dans une Europe vieillissante.

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Par Marie JULIEN

BERLIN, 08 mars 2013 (AFP) - "Rendre le tourisme accessible est l'un des problèmes les plus urgents du secteur", a affirmé d'entrée Zoltan Somogyi, de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), lors d'une conférence au salon international du tourisme de Berlin (ITB).

Au-delà du droit de chacun de voyager, "c'est aussi une bonne opportunité de faire des affaires" pour les acteurs du tourisme, notamment en raison du vieillissement démographique, n'a pas caché M. Somogyi.

Estimant à 15% la part de la population mondiale ayant une infirmité, "le potentiel de ce tourisme est encore largement intact", a-t-il souligné.


La population concernée peut d'ailleurs vite s'élargir en incluant les personnes accompagnatrices. "Environ 40% des citoyens européens connaissent quelqu'un avec une infirmité, donc si un hôtel n'est pas accessible, il ne perd pas seulement un visiteur, mais trois ou quatre", a souligné Rüdiger Leidner, membre du conseil allemand de coordination pour le tourisme pour tous (Natko), lui-même non-voyant.
"C'est un énorme marché qui va continuer à croître et est source d'importantes recettes", a renchéri Victoria Eichhorn, chercheuse à l'université britannique de Surrey.


Selon des estimations communiquées par le réseau européen pour le tourisme accessible (ENAT), dans le cadre du salon, environ 13,6 milliards de dollars par an sont dépensés en voyage par des Américains dont la mobilité est réduite, environ 2,5 milliards d'euros par des Allemands et 2 milliards de livres par des Britanniques.
Or "ces dernières années, environ 37% des personnes handicapées en Allemagne ont décidé de ne pas voyager faute d'installations accessibles, mais 48% voyageraient davantage si celles-ci existaient et 60% seraient même prêts à payer plus", selon l'ENAT.
Familles avec de jeunes enfants ou personnes âgées peuvent aussi profiter de ces adaptations. Des efforts qui ne doivent pas se limiter aux hôtels mais aussi aux installations sportives, aux musées etc. "Vous ne voyagez pas uniquement pour rester à l'hôtel", a souligné M. Leidner.


Au-delà de codes éthiques, de recommandations et d'informations pour beaucoup déjà existants, même si insuffisamment diffusés, l'essor d'un tourisme "sans barrière" nécessite surtout "un changement d'attitude" des fournisseurs de services touristiques, pour l'heure surtout effrayés par les surcoûts que peuvent engendrer de nouvelles installations, a souligné M. Somogyi.


S'il pense que ce marché "grandissant vaut le coup", Michael Jochim, d'Europcar, affirme toutefois que pour l'instant c'est un investissement qui ne rapporte rien.
Le loueur de voitures a décidé il y a deux ans, après n'avoir pu honorer des demandes de location faute de véhicules adéquats, de s'équiper en voitures pouvant être conduites par des personnes handicapées.
"Nous pourrons parler de rentabilité quand nous aurons un plus grand réseau", reconnaît M. Jochim, qui dit recevoir entre 30 et 50 demandes pour de tels véhicules par semaine en Allemagne.


Parmi les principaux pays touristiques, le Royaume-Uni et les Pays-Bas semblent avoir pris de l'avance sur le sujet, reconnaît Olaf Schlieper, de la centrale allemande de tourisme (DZT), quand l'Allemagne en est encore à se battre avec des logos signalant les équipements adaptés différents selon ses régions.

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Commentaires

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Le 10-03-2013 par glisselec :
Bonjour,
Il est vrai que les loueurs ont un rôle essentiel à jouer et qu'ils ne le font pas volontiers. Une aide des pouvoirs publics pourrait parfois constituer une aide à la décision. Je travaille personnellement dans le nautisme et je m'efforce d'introduire en Méditerranée le bateau électrique, ce qui est déjà en soi difficile. Mais je distribue un bateau exceptionnel qui, parmi ses atouts, a le mérite de pouvoir être très facilement accessible aux personnes à mobilité réduite, non seulement en tant que passager mais également au poste de pilotage. J'ai sollicité plusieurs collectivités locales et stations nautiques pour s'équiper d'une telle embaraction et la réserver à la location en priorité aux PMR : pas de réponse pour l'instant....
A suivre
Cordialement
RC
(Pour voir le bateau en question, allez sur www.glisselec.com)

Le 10-03-2013 par glisselec :
Bonjour,
Il est vrai que les loueurs ont un rôle essentiel à jouer et qu'ils ne le font pas volontiers. Une aide des pouvoirs publics pourrait parfois constituer une aide à la décision. Je travaille personnellement dans le nautisme et je m'efforce d'introduire en Méditerranée le bateau électrique, ce qui est déjà en soi difficile. Mais je distribue un bateau exceptionnel qui, parmi ses atouts, a le mérite de pouvoir être très facilement accessible aux personnes à mobilité réduite, non seulement en tant que passager mais également au poste de pilotage. J'ai sollicité plusieurs collectivités locales et stations nautiques pour s'équiper d'une telle embaraction et la réserver à la location en priorité aux PMR : pas de réponse pour l'instant....
A suivre
Cordialement
RC
(Pour voir le bateau en question, allez sur www.glisselec.com)

Le 22-03-2013 par Marc :
Rendre contraignant les accueils touristiques déjà labellisé!Il faut rendre le maximum de sites accessibles a tout public.
Vrai, je l'ai fait, 2 chambres d'hôtes et un gite en 2005, labellisés tourisme et handicap, de façon totalement volontaire, je n'étais pas légalement obligé, n'étant pas un ERP.
Mais demain? Tourisme et Handicap change leurs normes, et alors que nous avons accueillis de nombreuses personnes toutes satisfaites, nous ne serons peut-être plus labellisé!
Il n'y a pas d'autres mots: Arrêtons les conneries:Toujours plus de normes, toujours plus que la réglementation, et en plus tous les 2 ou 3 ans "le comité T&H" change les dites normes.
Ce n'est pas les établissements qu'il faut rendre accessible, mais ce sont les conditions d'obtention du Label, sur la durée en particulier.
Les grilles d'évaluations pondues à Paris comptent plus que la réalité du terrain et au besoin des personnes accueillies.

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