Suisse : sexe tarifé et adapté

Résumé : Décidément, on a beau critiquer la Suisse, son classicisme et la (pseudo) lenteur des Helvètes, il reste indiscutable qu'on y pratique la sexualité de manière beaucoup moins hypocrite que dans notre beau pays de France.

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Un exemple ? Facile. Lisa, tenancière de ce que l'on appelle pudiquement salon érotique mais qu'en d'autres temps moins policés, on aurait appelé maison close ou bordel, a profité de l'agrandissement de son fonds de commerce pour en faire le premier établissement du genre entièrement accessible aux personnes handicapées. A cette occasion, elle expliquait comment dans certains autres salons « les handicapés sont traités comme des malpropres, alors qu'ils souffrent souvent d'une réelle misère sexuelle. »

Liberté élémentaire

Un plan incliné facilite l'entrée des clients en fauteuil roulant et toutes les chambres sont situées en rez-de-chaussée. Deux d'entre elles sont équipées de douches adaptées et les toilettes ont été modifiées en conséquence. Et Lisa de poursuivre : « Certaines personnes pensent que les handicapés n'ont pas de besoins. Je peux vous dire que c'est archi-faux. Ils sont comme nous. » Un constat qui peut paraître brutal mais que partage largement le Dr. Nicolas de Tonnac, médecin-psychiatre et Président de l'association Pro Infirmis Genève qui déclarait à des confrères suisses : « La liberté d'accès à un lieu comme celui-ci me paraît élémentaire pour une personne handicapée. Certains pensent que c'est inadéquat, mais les handicapés doivent pouvoir vivre leur sexualité comme les autres. »

Choquée

Interrogée sur le coût de la mise en accessibilité de sa « maison », la propriétaire explique que, pour elle, il ne s'agissait nullement d'une question d'argent, puisqu'elle ne parviendrait sans doute jamais à rentabiliser ses investissements du fait de la faible part de marché que représente la clientèle des hommes en fauteuil. Mais elle se dit choquée de l'attitude de la « profession » face au handicap. Reste la question du transport. Beaucoup ne sont pas autonomes et doivent emprunter des transports adaptés. Aux dires du directeur de Transport Handicap, société genevoise spécialisée dans le transport porte à porte, il n'y a aucune raison de ne pas répondre à la demande : « Le motif de leur déplacement importe peu. »

Heureux citoyens suisses !

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