Handicap et assistanat sexuel : réagissez !

Résumé : La Mairie de Paris a organisé le 26 nov. 2010 un colloque 'Handicap, Affectivité, sexualité, dignité' où a été évoqué l'assistanat sexuel en faveur des personnes handicapées. Service à la personne ou prostitution?

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Dans le cadre du « Mois extraordinaire », l'Hôtel de ville de Paris a accueilli le 26 novembre 2010 un colloque « Handicap, Affectivité, sexualité, dignité ». Sociologues, psychologues, directeurs de foyers étaient  au rendez-vous pour tenter de porter un éclairage sur cette situation complexe, passionnée, pour ne pas dire explosive.

Assistanat ou prostitution ?

C'est dire toute l'importance, toute l'urgence du débat sur l'assistanat sexuel ! Il brise bien des tabous mais engendre fatalement d'autres polémiques, en brandissant notamment le spectre de la prostitution. « La révolution des mœurs aura-t-elle lieu ? » s'interroge une autre table ronde. Elle aborde de nouveaux usages : les rencontres sur internet, les sextoys... Alors même si une des tables rondes de ce colloque s'intitule « L'accompagnement de la sexualité dans la dignité », certains brandissent l'étendard de l'indignité.

Marcel Nuss, pro-assistanat

C'est évidemment Marcel Nuss, une des figures emblématiques de la lutte pour les droits des personnes handicapées, président de la coordination « handicap et sexualité » et auteur d'un livre blanc éponyme, lui-même très lourdement handicapé, qui sera parrain de cette journée. Véronique Dubarry, adjointe au Maire de Paris en charge des personnes en situation de handicap, et Ryadh Sallem, président de l'association CQFD « Ceux Qui Font les Défis » auront pour mission d'introduire ce débat. Houleux débat ! Car à l'annonce de ce colloque, les réactions n'ont pas tardé.

Une association féministe s'insurge

Maudy Piot, présidente de FDFA (Femmes pour le dire, femmes pour agir) lance l'offensive, en regrettant de ne pas avoir été invitée (lire son interview). Dans une lettre ouverte, elle invite à signer une pétition contre « l'assistanat sexuel » qui n'est, selon elle, rien d'autre que de la prostitution. « Créer ces « services » serait officialiser les rapports sexuels tarifés, définition même de la prostitution qui, en cette année, Grande Cause 2010, est pourtant clairement intégrée aux violences faites aux femmes, écrit Maudy Piot dans son communiqué ». Et de poursuivre : « Et de surcroît le lendemain de 25 novembre, journée nationale sur les violences faites aux femmes ! Car, il ne faut pas se leurrer, 99 % des demandes d'assistanat sexuel viennent des hommes ! »

Une loi en projet

Jean-François Chossy, député de la Loire, à qui le Premier ministre vient de confier une « colossale » mission « Comment changer le regard de la société sur les personnes handicapées ? » a également fait de la légalisation de l'assistanat sexuel son cheval de bataille. Soutenu par de grandes associations, notamment l'APF (Association des paralysés de France) et son président, Jean-Marie Barbier, il entend déposer un projet de loi qui permettrait de dissocier l'assistanat sexuel de la prostitution, à l'instar de ce qui est pratiqué en Suisse. En effet, l'association Sexualité handicaps pluriels (SEHP) y propose ce type de services. Des hommes et des femmes ont été spécialement formés pour prodiguer aux personnes handicapées de simples caresses, des massages et, plus rarement, des relations sexuelles.

Venez en débattre !

Ce sujet mérite un débat public, comme pour toutes les grandes questions qui ébranlent nos convictions, nos morales, notre humanité aussi : la bioéthique, le mariage homosexuel, le droit à l'euthanasie... Que ce débat puisse s'ouvrir sur les écrans de handicap.fr. Nous vous invitons à venir critiquer, polémiquer, soutenir, vous indigner sur notre forum ou notre page Facebook (liens ci-dessous). Peut-on décemment autoriser la légalisation de l'assistanat sexuel ? Comment peut-on justifier le fait que des relations sexuelles tarifées ne soient pas assimilées à de la prostitution ? Comment l'Etat peut-il en toute légalité endosser le costume de proxénète ? Le débat est ouvert...

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Commentaires

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Le 25-11-2010 par Walter SALENS :
Hier je crois, sur vivrefm93.9 l'invité du jour était d'une part l'organisateur de ce colloque Rhyad Salem et d'autre part un homme handicap qui fait appel à une prostitué, de temps en temps, dans de bonnes conditions. A réécouter dans les archives de vivrefm. Très instructif.
Walter 95

Le 01-12-2010 par corinne :
même si c'est plus compliqué d'avoir des rapports sexuels étant handicapé, ce problème est également presque aussi important chez des valides (pb de rencontres, de feeling) alors payer pour avoir du sexe en toute légalité pour nous handicapés ,NONNNNNNNNNN
mais ou va-t-on ?? on a qqs avantages pour nous aider dans la vie mais surtout ne pas aller jusque là !!!

Le 01-12-2010 par Françoise :
Comment peut-on encore se poser la question du droit à l'assistanat sexuel! S'ils le pouvaient , ils s'en passeraient volontiers. Comment peut-on les reconnaitre comme des personnes et les contraindre à se passer de plaisirs et de jouissances sous prétexte qu'ils aient pour cela recours à des tiers rémunérés.Donnons la parole aux personnes concernées par ce sujet et arrêtons de penser pour eux . Ils ont le droit de vivre pleinement leur vie et la sexualité fait aussi partie de leur vie.

Le 01-12-2010 par ANDREBO :
d'autres problémes existes, je suis handicapé a partir de 8O%, ne pouvant faire de sport, j'ai donc de l'hypertention, du colestérol, et bien sur du diabéte, avec les médicaments que je prend, problémes d'érection, j'ai essayer le vialis efficaces mais en prenant 2 cachets un cout élevé, non remboursé par la sécurité sociale, les piqures , barbares et en plus des douleurs a chaque injection, bref, pourquoi les cachets ne sont pas remboursés par la sécurité sociale , puisqu'ils sont éfficaces et donc ce manque sexuel est du aux prises de médicaments remboursés par la sécurité sociale et agissent sur le comportement sexuel qui est reconnu par les médecins, pourquoi en tant qu'handicapé l'état ne fasse pas un geste, afin de nous rendre la vie plus simple comme humain, et vu la faible pension d'aah qui correspond au rmi ??????

Le 02-12-2010 par joeli :
La question rejoint celle des valides;
Doit-on considérer comme normal de ne pas avoir de rapport sexuel pendant des années, parce que on n'a pas le feeling?Surtout lorsque l'on habite en région parisienne!
La prostitution n'est pas une réponse satisfaisante.
Mais il vaut mieux observer sa raison d'etre ;il n'y a pas que des pervers qui y pensent.
C'est meme grave d'etre obligé d'y avoir recours contre ses convictions!Et de penser que parce-que on plait au sexe opposé ,et que tous vous tombent dans les bras,tout le monde devrait s'en passer!
Qui-plus-est ces féministes qui se plaignent d'etre abusées;
Ne devraient-elles pas observer celles qui se rendent à l'étranger pour satisfaire leur appétit sexuel,ou de boire 2 litres d'alcool fort dans la soirée?
Et en tirer quelques conclusions?
Il serait bien de faire un débat sur ces questions.

Le 02-12-2010 par Marie F PH :
L'état n'endosse pas le costume de proxénète s'il ne rembourse pas l'acte et ne prend pas de taxe. L'assistanat sexuel n'est pas comparable à de la prostition, car le public concerné (ne vivant pas en couple) ne peux aller voir personne d'autre. Personne ne souhaite avoir un rapport avec une personne handicapée s'il doit uniquement donner du plaisir et ne pas en recevoir lui même !! Il n'a pas le choix, alors qu'un client(e) non handicapé(e) de prostitué(e)peut et a souvent d'autres partenaires. La sexualité est indispensable pour les H comme les F pour être bien dans sa tête et dans son corps; ce qui éviterait peut être d'avoir recours à des plaisirs de subsitution comme la nourriture, ce qui complique encore la santé des PH. Il ne faut pas s'indigner pour tout, mais il faut réfléchir aux modalités de mise en pratique et finir cette "chasse aux sorcières" au XXIème siècle.

Le 02-12-2010 par yo :
ça fonctionne tres bien dans d autres pays en Europe on est juste un peu lent a comprendre en France
que le droit a l assistanat sexuel est ineluctable et urgent

Le 17-01-2011 par mat :
je suis handicapéa 80%
je suis tout a fait d accord avec le commentaire de andrebo fait Le 01/12/2010 par ANDREBO

Le 25-01-2011 par Nade :
Marie F PH a raison de dire qu'il faut cesser de s'indigner et réfléchir aux modalités de mise en pratique. Roselyne Bachelot n'a fait ni l'un ni l'autre. Elle s'est déclarée "rigoureusement, formellement, totalement opposée" à cette idée. Elle ignore tout du sujet. Mais c'est bien qu'un député fasse cette proposition de créer un statut d'assitant sexuel.
Nade
http://www.c5c6csex.com

Le 01-05-2011 par Didier :
Et si ceux qui sont contre, devait être 2 ans dans un fauteuil dans "une prison" sans afection ni tendresse ??? la grandeur d'une démocratie s'apprécie à sa dignité et don respect pour les plus démunis. Les handicapés ont droit au plaisir et au bonheur comme tout un chacun. Excusez mi ce n'est pas un droit mais un besoin comme celui de manger et respirer de l'air pour vivre en bonne santé. Fini l'hypocrisie des nantis et des comblés comme La Roselyne Bachelot...

Le 25-01-2012 par afras :
chacun fait ou non ce qu' il veut moi personel je dit non. Personne ne doit interdire koi ke se soit a ki ke se oit

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