Un numéro spécial pour les femmes handicapées violentées

Résumé : Les violences faites aux femmes en situation de handicap physique ou mental sont courantes. L'association " Femmes pour le dire, Femmes pour agir ", qui accompagne les victimes, vient d'être récompensée pour son numéro d'appel national

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« Les violences envers les femmes handicapées sont récurrentes mais personnes n'y croit », selon Maudy Piot, présidente de l'association Femmes pour le dire, Femmes pour agir (FDFA) et elle-même aveugle. Pourtant, 80% des femmes en situation de handicap seraient victimes, chaque jour, d'humiliation, de perversion et d'agression physique ou sexuelle de la part de leur conjoint. Parfois même, de la part de leurs enfants. Depuis mars 2015, Écoute violences femmes handicapées, une plateforme d'écoute et d'accompagnement fondée par FDFA leur est entièrement dédiée. Le numéro national (01 40 47 06 06) est aujourd'hui une référence pour aider les victimes à mettre fin à ces situations.

« Si vous entendez une femme crier, ne fermez pas votre porte ! »

Ce numéro d'appel est exclusivement consacré à l'écoute et à l'encadrement des femmes handicapées victimes de violences. Des permanences téléphoniques leur proposent une écoute active et l'aide de juristes, d'assistantes sociales et d'autres professionnels, si elles le souhaitent. « Il est difficile de maintenir ce numéro d'écoute car il faut des moyens financiers et des psychologues capables de tenir notre permanence », précise Maudy Piot. Pour cette démarche, l'association FDFA a été récompensée, en juin 2016, par le prix Ocirp Acteurs Économiques et Handicap, dans la catégorie « citoyenneté ». Pour Maudy Piot, ce prix signifie beaucoup. « Je suis émue et je peux dire haut et fort que les violences faites aux femmes handicapées doivent s'arrêter. Le handicap est un facteur aggravant parce que l'agresseur pense que la victime va se taire et se soumettre. Tant que je serai sur cette terre, elles ne sont tairont pas », a-t-elle assuré lors de la remise des prix avant d'ajouter : « Si vous entendez une femme crier, ne fermez pas votre porte ! »

Dire stop aux violences silencieuses

Sujet peu abordé, la violence subie par les femmes en situation de handicap (mental ou physique) doit faire l'objet de plus grandes mobilisations. En 2015, un film coup de poing produit par l'association FDFA levait le voile sur ce thème en réunissant des témoignages mis en scène par des comédiennes (lire article en lien ci-dessous). Lancée en 2008, une autre plateforme nationale est destinée à toute personne témoin (ou victime) d'une situation de maltraitance envers une personne âgée, handicapée ou, plus globalement, vulnérable. Le 3977 est un numéro court, facilement mémorisable, qui répond du lundi au vendredi de 9h à 19h. La violence, rappelons-le, c'est aussi l'indifférence.

© E. Dal'Secco + Femmes pour le dire, Femmes pour agir

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Aimée Le Goff, journaliste Handicap.fr"


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Le 17-07-2016 par marino :
perso, ma fille de 19 ans souffre d'un handicap intellectuel et j'avoue que cet article renseigne mais fait froid dans le dos, c'est justement ce que j'ai peu qu'il arrive à ma fille un jour..... j'ai déjà vu ce genre de situation et dans ce cas on se sent désarmée et l'on n'ose pas intervenir ou interagir dans ces couples ou la violence prend place....je vais noter ces coordonnées..dans le monde actuel on ne sait jamais sur qui l'on peut tomber.... les personnes souffrant de handicap sont si fragiles, parfois si gentilles . stop à la violence tout court et encore plus sur les personnes en situations de fragilités et/ou handicaps. bravo. enfin les personnes handicapées sont prises en considération.

Le 22-07-2016 par lou :
Suite à ce que m'ont raconté des femmes souffrant de troubles psychiatriques et des hommes qui ont été internés en hôpital psychiatrique,
je me demande si pour les femmes vulnérables, la mixité des appartements thérapeutiques et des services des hôpitaux psychiatriques est souhaitable et ne revient pas à les mettre dans la gueule du loup. En plus, il est difficile pour une femme qui s'est violée, quand elle était assommée par les médicaments ou qui souffre de troubles graves de la personnalité, de porter plainte d'une manière crédible contre quelqu'un pouvant lui-même bénéficier de l'irresponsabilité pénale ou étant un soignant...
Par ailleurs, j'ai observé que certaines femmes souffrant de troubles psychiatriques, lorsqu'elles quittent l'hôpital, si elles ne veulent pas dormir dehors (et s'y faire violer) doivent trouver un logement contre services sexuels...

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