Revalorisation retraites précaires : l'AAH reste à la traîne

Un coup de pouce pour les " petites retraites " qui seront revalorisées 2 fois en 2014, soit 2,6 %. Mais qu'en est-il pour les personnes en situation de handicap précaires, bénéficiaires de l'AAH ? 1,3 % seulement. L'APF s'insurge.

28 novembre 2013 • Par

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Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé, a annoncé, le 26 novembre 2013, la revalorisation du minimum vieillesse (ou ASPA - Allocation de solidarité aux personnes âgées) et de l'ACS (Acquisition complémentaire santé). L'Association des paralysés de France (APF) déplore que ces mesures ne concernent que les personnes âgées précaires et non les personnes en situation de handicap précaires. Pourquoi l'Allocation adultes handicapés (AAH) ne bénéficie-t-elle pas du même coup de pouce que le minimum vieillesse ? D'autant plus que ces deux prestations, d'un montant équivalent, sont d'ordinaire réévaluées au diapason !

2,6 % pour l'ASPA contre 1,3 pour l'AAH !

L'APF interpelle donc le gouvernement pour lui demander de revaloriser l'AAH dans les mêmes conditions que l'ASPA, soit à hauteur de 2,6% au lieu de 1,3% prévu par le projet de loi de finances 2014. « Ce qui, selon l'association, constituerait un minima, dans l'attente d'un véritable revenu d'existence. ». L'association réclame également que les bénéficiaires de l'AAH puissent se soigner en ayant recours à la CMU-C et non via l'ACS qui, selon elle, « même avec une augmentation de 50 euros prévue en 2014, ne permet pas aux personnes de souscrire à une complémentaire santé. » Le gouvernement entendra-t-il les voix qui s'élèvent afin de remédier d'urgence à cette disparité ?

AAH : toujours en dessous du seuil de pauvreté

Doit-on rappeler que le million de bénéficiaires de l'AAH continuent de vivre sous le seuil de pauvreté (En France, un individu peut être considéré comme pauvre lorsque ses revenus mensuels sont inférieurs à 814 euros ou 977 euros selon la définition adoptée) ? L'unique revalorisation de l'AAH en 2013, de 1,75% au 1er septembre, avait en effet porté l'AAH à taux plein à 790,18 € par mois. Une « maigre » hausse qui avait déjà vivement déçu les personnes concernées puisqu'elle était largement absorbée par l'inflation annuelle de 1,1% et les nombreux autres frais supplémentaires (forfait hospitalier, franchises médicales, fiscalisation des indemnités accident du travail, déremboursement de certains médicaments, hausse du coût des mutuelles) auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap.

Le SMIC : revendication récurrente

In fine, à l'instar des associations de personnes handicapées, l'APF revendique, depuis de nombreuses années, la création d'un revenu au moins égal au montant du SMIC brut et soumis à cotisations (soit 1 430 euros, équivalent à 1 122 euros net) pour toutes les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante ne pouvant pas ou plus travailler. En dernier lieu, elle réclame que l'AAH soit versée au bénéficiaire handicapé sans que ne soient prises en compte les ressources de son conjoint. Puisque, dans ce contexte, assez souvent, son montant est réduit à néant !

Augmentation de l'AAH de 1,75% : la précarité demeure !

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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