Accès aux soins : des droits encore fragiles

Mieux connus, les droits des patients restent inégalement appliqués. Le baromètre 2026 des "droits des personnes malades" met en lumière des difficultés persistantes d'accès aux soins, avec un impact renforcé en cas de handicap.

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Un adolescent handicapé attend un médecin dans une salle d'attente.

Ils sont de plus en plus nombreux à connaître leurs droits… sans toujours pouvoir les exercer. Selon le baromètre 2026 publié en avril 2026 par France Assos Santé, les Français identifient davantage leurs droits (près de 10 sur 13 en moyenne), mais se heurtent toujours à des obstacles concrets. « Les droits progressent sur le papier, mais leur effectivité reste fragile », peut-on retenir de l'étude. Un constat qui interroge, à l'heure où le système de santé se veut plus inclusif.

Des soins difficiles d'accès

Premier frein pointé : l'accès aux soins. 4 Français sur 10 déclarent rencontrer des difficultés pour obtenir un rendez-vous médical. Délais à rallonge, manque de professionnels, refus de nouveaux patients… Le parcours se complexifie, porté par une extension continue des déserts médicaux, au point que le renoncement aux soins devient courant. Une réalité encore plus marquée pour les personnes en situation de handicap, souvent confrontées à des besoins spécifiques peu pris en compte (temps de consultation, accessibilité des cabinets, formation des soignants). Près d'un tiers des répondants (30%) ont fait face à des délais de prise de rendez-vous médicaux trop longs, problématique qui peut exacerber le phénomène d'errance thérapeutique et de diagnostic tardif (notamment en cas de handicap psychique).

Crédit immobilier : la double peine

Mais l'accès aux droits ne se joue pas uniquement dans les cabinets médicaux. Le baromètre met aussi en lumière un angle mort : l'accès au crédit immobilier. L'accès à la propriété reste une citadelle imprenable pour de nombreux usagers, notamment pour les personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap. Questionnaires médicaux intrusifs, surprimes, exclusions de garanties… autant de freins qui transforment le rêve d'accession en impasse financière malgré les avancées de la convention AERAS (S'Assurer et emprunter avec un Risque Aggravé de Santé). Résultat : certains renoncent à devenir propriétaires, faute de conditions acceptables. Un enjeu majeur, alors que l'accès au logement conditionne directement l'autonomie et la qualité de vie.

Handicap : des inégalités persistantes

Dans ce contexte, les personnes en situation de handicap cumulent les difficultés. Accéder à un médecin, comprendre ses droits, financer ses projets de vie… chaque étape peut devenir un obstacle. Le baromètre souligne que ces publics restent particulièrement exposés aux inégalités d'accès, malgré les politiques publiques engagées. Le manque d'information et de recours accentue encore ces écarts. Le constat est donc sans appel : entre droits théoriques et réalité vécue, le fossé persiste. Si une large majorité de patients se dit satisfaite de la relation avec les soignants, encore faut-il pouvoir franchir la porte du cabinet… ou celle de la banque.

© Mr Vito de Getty Images / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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