Contribution handicap : fin de l'écrêtement, quels effets?

Fin de la mesure d'écrêtement ! En mai, les entreprises de 20 salariés et plus déclareront leur DOETH 2025 sans ce dispositif qui amortissait la hausse de la contribution handicap. Une évolution qui pourrait coûter cher... ou accélérer les recrutements

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Trois collègues, dont un en fauteuil roulant, discutent dans un bureau.

En 2026, certaines entreprises pourraient voir leur contribution handicap augmenter, parfois fortement. Non pas à cause d'un nouveau durcissement brutal de la loi, mais parce qu'un filet de sécurité disparaît. Son nom : la mesure d'écrêtement. Peu connue du grand public, elle a pourtant amorti la facture DOETH de nombreux employeurs ces dernières années. Sa suppression, confirmée par l'Urssaf le 13 janvier 2026, change la donne et oblige les entreprises à regarder de plus près leur politique d'emploi des personnes handicapées.

La DOETH, un sigle obscur pour une obligation bien réelle

La DOETH, pour Déclaration obligatoire d'emploi des travailleurs handicapés, concerne toutes les entreprises d'au moins 20 salariés. Chaque année, elles doivent déclarer à l'Urssaf, organisme chargé de collecter les cotisations sociales, le nombre de personnes en situation de handicap qu'elles emploient.

La règle est simple sur le papier : atteindre un taux de 6 % de travailleurs handicapés dans l'effectif. Lorsque ce seuil n'est pas atteint, l'entreprise doit verser une contribution financière. Plus l'écart est important, plus la contribution augmente. Un système conçu pour inciter à l'emploi, mais qui reste encore trop souvent perçu comme une contrainte administrative.

Une mesure « transitoire » : un temps pour s'adapter

Lors de la réforme de l'obligation d'emploi, un mécanisme dit « transitoire » a été mis en place entre 2020 et 2024. L'objectif était de laisser aux entreprises le temps de s'adapter aux nouvelles règles, sans subir une hausse brutale de leur contribution.

C'est dans ce cadre qu'a été instaurée la mesure d'écrêtement. Elle permettait de limiter l'augmentation de la contribution d'une année sur l'autre. Même si une entreprise aurait dû payer beaucoup plus, la hausse était plafonnée par rapport à l'année précédente. Une période d'ajustement assumée… aujourd'hui révolue.

Fin de l'écrêtement : le plafond disparaît

Pour la DOETH 2025, déclarée en mai 2026, cette mesure ne s'applique plus. Comme le précise l'Urssaf sur son site, « le montant de contribution éventuellement dû au titre de l'obligation d'emploi 2025 ne pourra pas être écrêté au regard du montant de contribution dû au titre de l'année 2024 ».

En clair, il n'y a plus de limite automatique. La contribution DOETH devient un indicateur direct de l'engagement réel de l'entreprise en faveur de l'emploi des personnes handicapées. Pour celles qui ont peu agi ces dernières années, la différence peut être significative.

Un calcul plus lisible mais plus exigeant

Désormais, les entreprises doivent déclarer un seul montant de contribution nette. Ce montant correspond à la contribution brute, diminuée des déductions autorisées. Ces déductions existent toujours et permettent de réduire la facture lorsque l'entreprise agit concrètement.

L'emploi direct de personnes handicapées, la sous-traitance auprès d'entreprises adaptées (EA) ou d'établissements et services d'accompagnement par le travail (ESAT), ou encore certaines dépenses liées à l'inclusion et au maintien dans l'emploi restent valorisés. Mais sans écrêtement, ces leviers deviennent déterminants. À l'inverse, l'absence d'action se traduit immédiatement sur le montant à payer.

Anticiper maintenant pour éviter la hausse

Pour les personnes concernées, l'enjeu est majeur. Chaque recrutement, chaque alternance, chaque maintien dans l'emploi devient un levier concret d'accès au travail, dans un marché qui reste encore largement fermé.

Même si la déclaration DOETH 2025 interviendra en mai 2026, les entreprises ont encore des marges de manœuvre. Recruter, adapter des postes, former les équipes, structurer une politique handicap cohérente : agir en amont permet de réduire la contribution et de sécuriser les recrutements.

Hello handicap, un levier concret pour recruter autrement

Dans ce contexte, les dispositifs de mise en relation prennent une dimension stratégique. Des événements comme Hello handicap offrent aux employeurs une solution concrète pour rencontrer des candidats en situation de handicap, partout en France, et avancer rapidement sur leurs objectifs de recrutement. Depuis 15 ans, ce salon 100 % digital s'est imposé comme un rendez-vous incontournable de l'emploi inclusif. Son principe est simple : permettre aux entreprises de présenter leurs opportunités et d'échanger directement avec des candidats, sans contrainte géographique ni déplacement. La prochaine édition, organisée du 21 au 24 avril 2026, proposera des milliers d'offres en CDI, CDD, alternance ou stage. Un format pensé pour gagner du temps, sécuriser les recrutements… et agir concrètement sur sa DOETH avant l'échéance déclarative.

© Ivan S de Pexels / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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