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Ecole inclusive : des progrès mais peut mieux faire

Environ 400 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés dans l'école ordinaire, soit 25 % de plus qu'en 2017. Si elle se veut de plus en plus inclusive, le manque de moyens ne permet pas à chaque élève de bénéficier d'une scolarité adaptée.

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Par Catherine Fay-De-Lestrac

Critiqué par Eric Zemmour, l'accueil des enfants handicapés dans l'école ordinaire parmi les jeunes de leur âge, a beaucoup progressé ces dernières années, mais souffre d'un manque de moyens pour répondre aux ambitions d'accompagnement de tous.

400 000 enfants handicapés dans l'école ordinaire

Le candidat Reconquête! à l'élection présidentielle a suscité le week-end dernier une levée de boucliers du monde associatif et politique en mettant en cause "l'obsession de l'inclusion", y voyant "une mauvaise manière faite aux autres enfants et (aux enfants handicapés scolarisés) qui sont, les pauvres, complétement dépassés par les autres enfants" (article en lien ci-dessous). Quelque 400 000 enfants en situation de handicap sont scolarisés dans l'école ordinaire, un nombre en hausse de 25 % depuis 2017, avec 135 000 accompagnants (+35 %), selon les chiffres du secrétariat d'Etat au Handicap. Parallèlement, 70 000 enfants, souvent les plus lourdement handicapés, sont dans des établissements spécialisés médico-sociaux.

Un droit non négociable

Cette politique inclusive est préconisée par la loi de 2005 et la convention de l'ONU des droits des personnes handicapées de 2006. "Nous affirmons haut et fort que l'école est un droit pour lequel nous ne reculerons jamais et nous n'abandonnerons jamais. C'est une école qui s'adapte aux besoins de chacun", a déclaré le 18 janvier 2022 à l'Assemblée nationale, la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées, Sophie Cluzel. Avantages : permettre aux enfants handicapés de développer au maximum leurs capacités, tout en familiarisant les autres enfants avec le handicap et, favoriser une société qui intègre les différences. "Certains pays sont plus avancés que nous sur ce plan, comme l'Italie, les pays scandinaves, l'Islande, le Portugal. Mais la France n'est pas dans les mauvais élèves", relève Bénédicte Kail, conseillère nationale éducation familles de l'association APF France handicap.

Des moyens développés...

Pour répondre aux besoins spécifiques de ces enfants, de multiples moyens ont été développés ces dernières années : des équipes mobiles de professionnels spécialisés se déplacent dans les écoles. Davantage de classes Ulis au sein des écoles répondent aux besoins spécifiques des élèves handicapés. Un accent particulier a été mis sur l'autisme, où la France avait un gros retard : 115 classes pour enfants autistes ont été créées pour intervenir précocement auprès de ceux qui ont les capacités de comprendre mais ont des comportements atypiques.

... mais insuffisants

Toutefois, selon les associations, tous les enfants handicapés ne bénéficient pas de tout l'accompagnement dont ils ont besoin, faute de moyens, ou se heurtent à des réticences localement. Le nombre d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) a augmenté et leur statut s'est amélioré mais cela reste des métiers payés au Smic, exercés à temps partiel. Souvent ils s'occupent de plusieurs enfants, avec des handicaps différents. "Il y a eu une avancée considérable depuis 2005, mais il reste de fortes marges de progrès. La formation des enseignants et des AESH est insuffisante", relève Jean-Louis Garcia, président de la Fédération Apajh (Association pour adultes et jeunes handicapés). "C'est la réalité d'aujourd'hui, les parents ont le droit d'inscrire leur enfant à l'école, mais s'ils n'y obtiennent pas l'accompagnement nécessaire, ils se découragent", observe-t-il.

Des adaptations nécessaires

"Il y a une volonté de proposer la scolarisation en milieu ordinaire, de façon systématique, mais il n'y a pas les moyens pour que cela marche partout", estime Sophie Biette, vice-présidente de l'association Unapei. "Dans certains cas, les enfants sont à l'école mais n'apprennent rien, ils perturbent les autres car il n'y a personne pour s'occuper d'eux. Les parents ne les mettent donc que quelques heures à l'école", explique Mme Biette. Accueillir les enfants différents peut exiger de révolutionner l'école : "des effectifs de classe divisés par deux, comme en Italie, des salles de calme comme au Canada", observe-t-elle. "C'est une question de moyens mais aussi de mentalités", estime Caroline Boudet, maman d'une enfant avec trisomie, qui se plaint de la pression de l'école pour l'orienter vers un établissement spécialisé. "Pour nous, les difficultés à la faire accepter par l'institution, c'est bien plus difficile que la vie au quotidien avec elle".

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