Grand débat : Estelle interpelle Macron sur l'autisme

Les personnes autistes sont exclues, moquées et stigmatisées. C'est par ces mots qu'Estelle interpelle Emmanuel Macron lors du Grand débat national organisé dans le Morvan en présence de 1000 jeunes. Son franc-parler a-t-il fait mouche ?

8 février 2019 • Par

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« J'me lève parce que j'arrive pas à rester trop longtemps assise, faut que je bouge », explique Estelle Ferrandes. Cette jeune fille de 23 ans souhaite interpeller le Président de la République en parlant de handicap. Elle fait partie du millier de jeunes de 5 à 25 ans qui sont allés à la rencontre d'Emmanuel Macron dans le cadre du Grand débat national, réunis à Étang-sur-Arroux, en Saône-et-Loire, le 7 février 2019.

Errance et désespoir

Estelle explique : « Je voudrais parler du handicap et principalement des personnes autistes, et plus spécifiquement du syndrome Asperger. Cette spécificité est très mal considérée, surtout en France. Beaucoup sont exclus, moqués et stigmatisés et les Centres ressources autisme ne sont pas à la page… » Elle parle de l'errance diagnostique, des diagnostics erronés, de désespoir… Elle encourage « plutôt à lire les livres qui sont écrits par les personnes autistes » car qui de mieux qu'elles pour en parler.

Applaudissements nourris

Elle lance un appel : « Ne plus utiliser le terme autiste comme insulte », faisant allusion au « dérapage » de François Fillon (article en lien ci-dessous). Le candidat LR à la présidentielle de 2017 avait déclaré sur le plateau de France 2 : « Je ne suis pas autiste, je vois bien les difficultés ». « Alors, s'il vous plait, on arrête », lance-t-elle avec ferveur, largement applaudie, tandis qu'Emmanuel Macron tombe la veste, comme pour se préparer à la riposte. « Merci à vous, on est tous de la même faction, on est humains ! », conclut Estelle.

L'intervention de cette volontaire à l'EPIDE, (Etablissement pour l'insertion dans l'emploi), un organisme d'insertion des jeunes de 18 à 25 ans sortis du système scolaire sans diplôme, a fait grand bruit. Quelques heures plus tôt, Emmanuel Macron avait déjeuné en leur compagnie.

La réponse de Macron

Le chef de l'État a ensuite répondu. « La première des injustices, c'est qu'on a encore trop de jeunes qui arrivent à l'âge adulte sans être diagnostiqués. En France, on a beaucoup de retard dans ce domaine. Dorénavant, dans les tests pédiatriques, on va ajouter le dépistage de l'autisme. Le but, c'est que tous ceux qui le peuvent puissent aller à l'école ; et qu'il y ait suffisamment de places d'accueil pour les autres. La place que l'on donne aux personnes handicapées est fondamentale. Merci Estelle pour ton cri du cœur ! ».

La parole de Clément, dys

Clément, élève en BTS de chaudronnerie au Creusot, est également intervenu sur le thème du handicap. « Malgré mon handicap qui est la dyslexie, le regard des autres, j'avance dans la vie », a témoigné le jeune homme, très ému. « Depuis mon enfance, la nature, les enfants, le sport, ont été pour moi des échappatoires, une soupape de sécurité. Ils m'ont aidé à m'épanouir et à trouver mes équilibres familial et scolaire ». Clément précise alors qu'il a obtenu la médaille d'or au Concours national des apprentis de France. « Tu es un exemple », lui a répondu Emmanuel Macron.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Handicap.fr. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, sans accord. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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