Pétitions en ligne : une nouvelle voix pour le handicap ?

En dehors des urnes, il existe un moyen efficace pour faire entendre la vox populi : la pétition en ligne ! Par ce clic, les personnes handicapées comptent bien se faire entendre ! Mode d'emploi...

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Novembre 2013 : 30 000 signatures réclament que Paloma, une jeune Niçoise de 9 ans atteinte d'une maladie rare, ne soit pas séparée de son AVS (auxiliaire de vie scolaire). Elle est adressée à Christian Estrosi, maire de Nice. Cette revendication fait écho au combat de nombreux parents d'enfants handicapés qui demandent au gouvernement une meilleure inclusion scolaire. « D'autres pétitions sur des cas similaires d'enfants autistes ne pouvant accéder à l'école avec leur psychologue ou de parents ne pouvant scolariser leur enfans faute d'AVS remportent un franc succès, déclare Benjamin des Gachons, directeur des campagnes de Change.org en France. »

Un vrai contre-pouvoir ?

Pour accorder plus de visibilité et de droits aux personnes handicapées, les pétitionnaires ne manquent pas. On se souvient, en août 2012, de l'intervention de Benoît Coulon qui, choqué par l'absence de diffusion des Jeux Paralympiques de Londres à une heure de grande écoute sur France Télévisions, avait réuni 20 000 signatures qui ont incité le groupe à modifier sa programmation. D'autres lui ont succédé... En octobre 2012, les chiens-guide « aboient » en ligne pour exiger un véritable statut. En mai 2013, une pétition réclame le sous-titrage de tous les programmes télé pour les sourds et malentendants. En juin 2013, une bataille de pétitions fait rage autour de la prise en charge psychanalytique de l'autisme. En novembre 2013, un collectif revendique un mémorial pour les victimes handicapées du régime nazi. Quant à Christian Coudre (article complet en lien ci-dessous), il recueille 92 000 signatures au printemps 2013 pour inciter le gouvernement à supprimer le critère d'âge (60 ans) pour l'attribution de la PCH (Prestation de compensation du handicap).

Finis les colporteurs des rues

Ce principe n'est évidemment pas nouveau. Dès la fin du XVIIIe siècle, des pétitions aux centaines de milliers de signatures réclament l'abolition de l'esclavage. Seule la forme a changé... C'en est bien fini des colporteurs de rue qui, une feuille à la main, vous arrachaient à votre lèche-vitrine pour mendier votre paraphe. Désormais, l'indignation s'est convertie en vindicte numérique. Il suffit d'un clic pour changer sa propre vie et, pourquoi pas, le monde. Grâce à ces nouveaux outils de dialogue, chaque citoyen peut prendre la parole.

Lancer une pétition en quelques clics

Pour ce faire, rien de plus simple, il suffit de se rendre sur la page « lancer une pétition », d'inscrire son message, la personne (décideur, patron, ministre...) à qui est destinée cette demande, d'y ajouter une photo ou une vidéo pour plus de visibilité et le tour est joué. Le compteur se met alors en marche... Il existe de nombreuses plateformes comme Avaaz, Pétitions publiques, Petitions24 ou Mes opinions. Parmi elles, Change.org a été fondée en 2007 par deux étudiants américains. Chaque mois, 3 millions de nouveaux utilisateurs viennent rejoindre les 45 millions référencés dans 196 pays. En France, Change.org existe depuis mars 2012 et compte plus de 2 millions d'internautes. Le site fournit des services annexes et conseils pour rédiger des communiqués de presse, relayer l'initiative sur les réseaux sociaux ou encore obtenir des « signatures de personnalités ». Tout est prévu pour que le « buzz » fonctionne.

Paloma : le buzz a fonctionné !

Le revers de la médaille c'est que 800 nouvelles pétitions sont lancées chaque mois en France, rien que sur Change.org (entre 500 et 1 500 par jour dans le monde). Cette dilution pourrait-elle, à terme, être préjudiciable aux intentions ? C'est un peu la foire à toutes les idées mais, tant qu'elles trouvent un écho, pourquoi pas ! Une pétition pour la reprise de l'émission Taratata, une autre pour la protection du savon de Marseille, contre l'épandage aérien de pesticides... L'inspiration semble sans limite. Pour Paloma, les choses se sont bien terminées. En l'espace de quatre semaines, « incité » par 30 000 signatures, le maire de Nice a fait savoir qu'elle pourrait conserver son AVS.

CESE : au moins 500 000 signatures !

Reste un dernier recours citoyen, et pas des moindres : la saisie du CESE (conseil économique social et environnemental), la troisième assemblée constitutionnelle de notre République, après l'Assemblée nationale et le Sénat, celle du peuple. Par pétition citoyenne, le CESE peut être saisi sur toute question à caractère social, économique ou environnemental à condition de rassembler les signatures de personnes majeures de nationalité française ou résidant régulièrement en France. Mais là, c'est un autre « tarif » : il en faut 500 000 !

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"
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