Des « travaux » sur le statut des AESH, personnels accompagnant les élèves handicapés, vont débuter en mars entre le ministère et les syndicats, selon le ministre de l'Éducation nationale, qui s'était opposé à une proposition de loi visant à leur offrir un statut de fonctionnaire.
« Des travaux (...) vont effectivement débuter début mars avec les organisations syndicales pour travailler sur cette question statutaire, de manière à ce que nous puissions nourrir les conclusions de la conférence nationale du handicap qui interviendront au mois de juillet », a déclaré mercredi 25 février 2026 le ministre Édouard Geffray devant les sénateurs.
Un métier en quête de reconnaissance
Le statut de fonctionnaire est une demande insistante des AESH, un métier précarisé en quête de reconnaissance. Début janvier, le Sénat s'est opposé à une proposition de loi socialiste visant à offrir un statut de fonctionnaire aux AESH. Avec l'appui du gouvernement, la droite sénatoriale et ses alliés centristes, majoritaires à la chambre haute, ont fait obstacle au texte.
Une pénurie d'accompagnants persistante
Au nombre de 145 000 en 2025, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) sont chargés depuis une loi de 2005 d'une grande partie de la mise en œuvre de « l'école inclusive ». Mais à la rentrée de septembre, près de 49 000 élèves porteurs de handicap étaient encore en attente d'un tel accompagnement.
Face à une dégradation de leurs conditions de travail; salaire moyen de 850 euros par mois, temps partiel souvent subi... Cette profession essentiellement féminine demande de longue date une meilleure reconnaissance, via cette « fonctionnarisation ».
L'obstacle du temps de travail
Sans exclure une fonctionnarisation à terme sous certaines conditions, Édouard Geffray s'était opposé au texte, se disant « incapable » de le mettre en œuvre de manière opérationnelle à ce stade. « Le résultat serait objectivement intenable par rapport au reste de la fonction publique », avait-il estimé.
Le ministre avait mis en avant la situation atypique des AESH, qui travaillent à temps incomplet, « or il n'existe que des fonctionnaires à temps complet », avait-il dit, appelant à « expertiser » le sujet avant d'envisager une réforme.
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