#incestehandicap: témoignez sur cet angle mort des violences

Alors que la parole se libère sur l'inceste, l'association FDFA appelle les personnes en situation de handicap qui en ont été victimes à témoigner via le #incestehandicap. L'objectif ? Dresser un état des lieux sur cet "angle mort" des violences.

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DERNIERE MINUTE DU 20 JUILLET 2021
Comme promis en mars 2021 lors du lancement de son enquête, sur les réseaux sociaux, sur les personnes en situation de handicap victimes de violences incestueuses, l'association FDFA propose maintenant d'y répondre via un site dédié (en lien ci-dessous). Ce questionnaire s'adresse aux personnes en situation de handicap ayant été victimes d'inceste (pendant ou avant qu'elles soient handicapées), ou à leurs proches, souhaitant contribuer à la recherche sur ce sujet. Il suffit d'une dizaine de minutes. Les réponses sont totalement anonymes et il est tout à fait possible de ne pas répondre à certaines. « Pour des raisons d'accessibilité, il a été fait le choix de limiter l'utilisation de l'écriture inclusive, bien que nous soyons favorables à son usage. Nous parlerons donc d'agresseur au masculin, même pour désigner des agresseuses », précise l'association. A la fin, une liste de numéros et de sites venant en aide aux personnes victimes d'inceste est proposée.

ARTICLE INITIAL DU 29 MARS 2021
Une association lance, le 29 mars 2021, une enquête pour recueillir la parole de personnes handicapées victimes d'inceste, espérant collecter les témoignages sur les réseaux sociaux via le #incestehandicap. Inspiré du récent #Metooinceste, lancé dans le sillage de l'émoi provoqué par le livre de Camille Kouchner "La Familia grande", ce hashtag doit permettre "d'aller chercher une parole difficile, ignorée", a présenté Danielle Michel-Chich, l'une des trois présidentes de l'association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA). L'objectif ? "Dresser un état des lieux, car il n'y a pas de chiffres, pas de statistiques, ni de politique spécifique sur ce sujet, un angle mort de la société", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

Des "proies faciles"

Spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes handicapées, FDFA dispose d'une ligne d'écoute anonyme et gratuite (Ecoute violences femmes handicapées : 01 40 47 06 06). Sur les trois dernières années, 3 % des appels ont concerné des faits d'inceste, a détaillé Jocelyne Vaysse, psychiatre et écoutante de l'association. Toutefois, "pour 6 % des appels, des femmes venant parler de violences conjugales subies au présent ont aussi évoqué des violences incestueuses subies par le passé, dans la prime enfance". "Souvent, on n'apprend qu'incidemment les faits d'inceste, au cours de longs entretiens. Toutes les victimes en parlent avec culpabilité et honte", a ajouté la psychiatre, constatant toutefois "une plus grande prise de conscience grâce à l'actualité". "L'état de vulnérabilité fait que ces enfants sont des proies faciles. De plus, les personnes handicapées peuvent avoir des difficultés, voire une incapacité, à dire, à raconter les faits incestueux, qui sont déjà difficiles à dire pour toute victime", a poursuivi Alain Piot, sociologue et administrateur de l'association.

Premières conclusions le 25 novembre

Pour chaque témoignage recueilli via le hashtag, une sociologue -recrutée en stage par l'association- contactera les personnes pour, si elles le souhaitent, mener des entretiens individuels et être suivies par les bénévoles de l'association. FDFA espère pouvoir rendre ses conclusions autour du 25 novembre 2021, journée annuelle consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elle souhaite aussi apporter "une première pierre" à la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, lancée le 11 mars pour au moins deux ans par le gouvernement (article en lien ci-dessous). 

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