« La combinaison lentilles de contact et eau du robinet, c'est non ! » Dans une interview donnée il y a quatre ans à Konbini, la journaliste Marie-Sophie Lacarrau révélait avoir subi une kératite amibienne, une maladie rare de la cornée provoquée par l'espèce d'amibe libre Acanthamoeba, présente dans le monde entier dans l'eau, le sol, les eaux usées et la poussière. Elle peut également être présentes dans l'eau du robinet, les douches, les jacuzzis et les climatiseurs. Principal facteur de risque d'infection : le port de lentilles de contact lors de la baignade ou d'une douche, par contamination de l'eau.
C'est ce qui est arrivé à Grace Jamison, 20 ans. Son beau regard céruléen est désormais voilé d'un côté par une fine pellicule trouble. Le résultat d'un réflexe banal mais dangereux. Lors d'un voyage en République dominicaine, elle conserve ses lentilles sous la douche. Quelques jours plus tard, la douleur devient insupportable, la vision se brouille. Le diagnostic tombe trop tard : une kératite à Acanthamoeba. Elle perd la vue d'un œil. « C'est une épreuve terrible, les symptômes sont vraiment brutaux. On ressent une immense douleur oculaire et de violents maux de tête qui irradient partout », confie la jeune femme, aujourd'hui contrainte de suivre un traitement lourd pendant six mois à base de collyres désinfectants toutes les 30 minutes pour tenter de sauver ce qui peut l'être.
L'eau, un faux ami pour les porteurs de lentilles
« Le but de cette vidéo est avant tout de sensibiliser les gens et de leur dire : 'S'il vous plaît, prenez soin de vos lentilles. Ce sont des gestes simples et basiques que l'on nous demande de faire, mais ils sont essentiels pour préserver nos yeux.' Beaucoup de personnes, et j'en faisais partie, considèrent la vue comme un dû, alors que c'est une chance incroyable de pouvoir voir », alerte la jeune femme sur Instagram. Contrairement aux idées reçues, l'eau n'est en effet jamais stérile. Robinet, douche, mer ou piscine peuvent contenir des micro-organismes, dont l'Acanthamoeba.
Une maladie sournoise et méconnue
Il y a quatre ans, Marie-Sophie Lacarrau traverse le même calvaire, avec la chance de pouvoir sauver son œil après cinq mois d'arrêt maladie. Ses premiers symptômes : « une gêne au niveau de la lentille de contact ». Et du jour au lendemain, une photophobie extrême la force à s'enfermer dans le noir et à porter des lunettes de soleil durant de longs mois. La kératite à Acanthamoeba est particulièrement insidieuse. Elle débute souvent comme une simple irritation oculaire, parfois confondue avec une conjonctivite. Le retard de diagnostic aggrave considérablement le pronostic. La présentatrice du JT de 13h sur TF1 explique pourtant avoir toujours observé une hygiène rigoureuse avec ses lentilles de contact, sans pour autant connaître ce danger : « On ne me l'avait jamais dit ». Le manque d'information reste, en effet, le principal facteur de risque face à cette pathologie insidieuse.
Pour le Dr Romain Nicolau, chirurgien ophtalmologiste à Paris, le message est clair : « Ne laissez pas l'eau vous voler la vue ». Le danger est mécanique et biologique : la lentille agit comme une éponge, retenant les germes contre la cornée et facilitant leur pénétration. Une combinaison qui peut transformer une simple douche en porte d'entrée infectieuse.
Prévenir pour ne pas perdre la vue
Les spécialistes insistent : la prévention repose sur des règles simples mais strictes. Ne jamais porter ses lentilles sous la douche, à la piscine ou à la mer. Ne jamais les rincer à l'eau du robinet. Et respecter une hygiène rigoureuse des mains et des étuis. Chaque année, des jeunes adultes sans antécédents sont touchés par des complications évitables. « Beaucoup de patients pensent que cela n'arrive qu'aux autres », rappelle en substance le Dr Nicolau. « Prenez-en soin, car perdre la vue ou attraper une kératite à cause d'une mauvaise hygiène est une épreuve terrible » martèle de son côté Grace Jamison.
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