Les « polluants éternels » (PFAS), les pesticides ou encore le cadmium, métal lourd classé cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), s'invitent régulièrement dans l'actualité, alimentant les inquiétudes sur leurs effets à long terme sur la santé. Selon les données de biosurveillance de Santé publique France, reprises par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), les Français présentent une imprégnation au cadmium parmi les plus élevées d'Europe, supérieure à celle observée dans plusieurs pays voisins (Cadmium : le métal lourd qui fabrique du handicap ?). Pourtant dans le même temps, la loi d'urgence agricole pourrait réintroduire des néonicotinoïdes via un amendement sénatorial issu de la loi « Duplomb 2 », dont le sort dépend désormais d'une commission mixte paritaire convoquée le 16 juillet 2026.
Mieux comprendre l'état de santé de la population
Dans ce contexte, une vaste étude nationale entend compléter les données existantes et apporter des réponses fondées sur des données scientifiques. Baptisée « Albane », cette enquête d'intérêt général, pilotée par Santé publique France et l'Anses, vise à mieux comprendre l'état de santé de la population vivant en France et les facteurs qui l'influencent. Son originalité ? Associer, pour la première fois à cette échelle, des questionnaires, des mesures de santé et des analyses biologiques afin d'étudier simultanément l'alimentation, l'activité physique, l'état nutritionnel et l'exposition à de nombreuses substances chimiques présentes dans l'environnement. Les résultats doivent permettre d'orienter les futures politiques publiques de prévention, de nutrition et de santé environnementale.
Plus de 2 800 participants, mais l'étude recrute encore
Depuis son lancement en juin 2025, plus de 2 800 personnes réparties sur l'ensemble du territoire métropolitain ont accepté de participer à l'enquête. Mais les organisateurs recherchent encore plus d'un millier de participants. Les personnes concernées, âgées de 0 à 79 ans, sont sélectionnées aléatoirement à partir d'une base de données de l'Insee.
Elles reçoivent d'abord un courrier officiel, avant d'être contactées par un enquêteur mandaté par Ipsos. Renouvelée tous les deux ans, l'enquête permettra notamment de suivre la fréquence de maladies chroniques, comme le diabète, l'hypertension, les maladies respiratoires ou les allergies, mais aussi d'évaluer l'exposition des Français à des substances telles que les PFAS, les phtalates ou les pesticides. « Chaque réponse contribue à produire des connaissances utiles à tous et à mieux préparer les actions de santé publique de demain », soulignent Santé publique France et l'Anses. Un objectif qui résonne particulièrement à l'heure où les enjeux de pollution environnementale occupent une place croissante dans le débat public.
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