Dans un contexte de forte grogne sociale où les professionnels du handicap et du secteur médico-social redescendent dans la rue pour dénoncer le manque de moyens, l'attente était à son comble (Médico-social : pourquoi le secteur (re)descend dans la rue?). Le protocole officiel vient enfin sceller une promesse gouvernementale faite face à l'inflation. Paru au Journal officiel ce 29 mai 2026, l'arrêté signé par la ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie Rist, valide le texte de la discorde : les avenants 75/2026 et 76/2026 de la branche de l'aide à domicile (BAD). Un soulagement pour les structures associatives qui accompagnent au quotidien les personnes handicapées et dépendantes.
Salaires et frais kilométriques : ce qui change au 1er juin
Concrètement, cette revalorisation vise à redonner de l'air aux budgets de ces professionnels du « care » (« ceux qui prennent soin », en anglais). L'avenant 75 fait évoluer les coefficients des grilles salariales pour compenser les hausses successives du SMIC. Résultat : une augmentation moyenne de 63 euros bruts par mois pour les salariés de la branche. En parallèle, l'avenant 76 revalorise les indemnités kilométriques, qui passent de 38 à 40 centimes par kilomètre. Pour une aide à domicile, le gain total sur la fiche de paie représentera environ 80 euros bruts supplémentaires par mois, annonce le ministère.
Revaloriser les métiers du care pour sauver l'autonomie
En déplacement en Seine-et-Marne auprès des équipes de l'ASSAD (Association de soins et de services à domicile) de Trilport, Camille Gaillard-Minier, ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, aux côtés de la ministre de la Santé, salue une cohérence parole-action : « Engagement pris, engagement tenu ». Face à des aides à domicile qui parcourent chaque jour des centaines de kilomètres pour rompre l'isolement lié au handicap, l'exécutif reconnaît l'urgence d'agir. « Nous mesurons combien ces mesures étaient attendues et combien il est essentiel de poursuivre nos efforts en faveur des métiers de l'autonomie », insiste le gouvernement. Reste à savoir si ce geste suffira à apaiser durablement la crise des vocations qui frappe de plein fouet l'accompagnement du handicap en France.
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