Porter le drapeau français lors d'une cérémonie des Jeux olympiques et paralympiques, ce n'est pas seulement marcher en tête de délégation. C'est incarner une équipe, des valeurs, parfois même un combat. Pour l'édition hivernale de Milan-Cortina 2026, ils seront quatre à endosser ce rôle : deux paralympiens et deux olympiens, élus par leurs pairs. Une décision forte, portée par les comités olympiques et paralympiques français, qui revendiquent une équipe de France « unie et rassemblée sous le même emblème ». À la clé : un symbole mais, surtout, une responsabilité.
Cécile Hernandez, faire de la sclérose en plaques un moteur
En Italie, Cécile Hernandez portera le drapeau pour ses quatrièmes Jeux paralympiques. Une évidence pour cette athlète au palmarès hors normes, mais surtout pour cette femme qui a transformé son histoire personnelle en combat collectif. Diagnostiquée d'une sclérose en plaques en 2002, maladie neurologique évolutive et longtemps invisible, elle voit sa mobilité lourdement affectée avant de réapprendre à marcher… puis à performer.
Sur les pistes, elle s'impose comme l'une des figures majeures du para snowboard mondial : médaillée d'or à Pékin en 2022, d'argent à Sotchi en 2014, d'argent et de bronze à PyeongChang en 2018, et détentrice de plus d'une dizaine de globes de cristal. En dehors de la compétition, l'athlète de 51 ans milite activement pour la reconnaissance des handicaps invisibles et pour une plus grande féminisation du sport de haut niveau.
Grande nouveauté de cette édition : Cécile Hernandez portera le drapeau en binôme. « Un symbole fort de l'unité de notre Équipe de France », souligne-t-elle.
Jordan Broisin, la force tranquille du collectif
À ses côtés, Jordan Broisin, champion de para ski alpin, qui se dit « très ému » et « immensément fier ». Victime d'un grave accident de moto en 2009, à l'âge de 16 ans, ce passionné de glisse subit une amputation de la jambe gauche, ainsi que la section de deux nerfs au niveau de l'épaule. Une rupture brutale, suivie d'un long chemin de reconstruction, jusqu'à son intégration en équipe de France en 2015.
Depuis, le skieur de 28 ans avance avec constance. Deux participations paralympiques, un titre de vice-champion du monde de slalom en 2023, puis une confirmation en Coupe du monde en 2024 avec deux médailles. Très investi dans l'accompagnement des autres athlètes, notamment ceux confrontés à des périodes de doute, il incarne un haut niveau attentif à l'humain autant qu'à la performance.
Des Jeux paralympiques pensés pour la performance
À noter : les porte-drapeaux paralympiques défileront lors de la cérémonie de clôture, le 15 mars à Cortina, et seront intégrés à la cérémonie d'ouverture à travers des séquences vidéo. Un choix partagé par l'ensemble des nations afin de préserver les conditions de performance des athlètes. « L'ouverture se déroule à Vérone, à plusieurs heures des sites de compétition, alors que les épreuves débutent dès le lendemain », explique le Comité paralympique et sportif français (CPSF).
Pour rappel, les Jeux paralympiques se dérouleront du 6 au 15 mars, soit dix jours de compétition, dans le nord de l'Italie. Six parasports seront au programme, dont le ski alpin, le snowboard, le biathlon ou encore le ski de fond, pour un total de 79 épreuves. Plus de 600 para athlètes internationaux sont attendus sur les différents sites de compétition. La délégation française comptera plusieurs dizaines d'athlètes, avec l'ambition de confirmer sa place parmi les nations majeures du sport paralympique d'hiver. Rendez-vous le 13 février sur le site france-paralympique.fr pour découvrir les parasportifs sélectionnés.
Des Jeux olympiques étendus sur tout le territoire alpin italien
Quelques jours plus tôt, les Jeux olympiques investiront les Alpes italiennes avec près de 3 000 athlètes issus de plus de 90 nations, engagés dans 16 disciplines et plus d'une centaine d'épreuves. Particularité de cette édition : une organisation multisites, entre Milan, Cortina d'Ampezzo, Livigno, Predazzo et Vérone, qui accueillera les cérémonies. La France est notamment attendue au tournant en ski alpin, snowboard, biathlon et sports de glace. Ces Jeux marquent également l'entrée du ski-alpinisme (ou ski de randonnée) au programme olympique, symbole d'un « événement tourné vers l'avenir ».
Chloé Trespeuch, l'expérience en tête de délégation
Cette délégation d'environ 160 athlètes sera conduite par la snowboardeuse Chloé Trespeuch, qui disputera ses quatrièmes JO. Médaillée de bronze à Sotchi en 2014 et d'argent à Pékin en 2022, elle vise désormais le seul métal qui manque à son palmarès. Mère d'un petit garçon de 13 mois et engagée dans différentes associations qui allient sport et environnement, elle incarne un haut niveau compatible avec d'autres équilibres de vie. La jeune femme de 31 ans se dit également « très heureuse de mettre en lumière sa discipline, étant la première porte-drapeau française à représenter le snowboard ».
Clément Noël, la référence du slalom français
Son binôme, Clément Noël, est champion olympique de slalom en titre. À 28 ans, il est le skieur français le plus titré en Coupe du monde dans sa discipline, avec 33 podiums dont 15 victoires. Leader reconnu du ski alpin tricolore, il arrive à Milan-Cortina avec un statut de référence et une ambition intacte. En dehors des pistes, Clément cultive une passion pour le golf et la gastronomie, à l'image de sa coéquipière Chloé Trespeuch.
Faire rayonner l'engagement et l'excellence
Qu'ils soient paralympiques ou olympiens, ces quatre porte-drapeaux racontent une même histoire : celle d'un sport français qui fait de ses parcours singuliers une force collective. « Être porte-drapeau, c'est porter les couleurs de la France avec fierté, représenter ses coéquipiers et faire rayonner l'esprit d'engagement et d'excellence », résume Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympique et sportif français (CPSF). En février comme en mars, ce drapeau sera hissé (haut) par des athlètes qui ont transformé les épreuves en leviers de performance.
© CPSF / CNOSF



